vendredi 6 mai 2022

samedi 30 avril 2022

Le Donbass et moi


J'ignore si le Donbass — Донба́сс — est une province russe ou ukrainienne. Comme les gens du coin semblent se disputer sur ce point, cela ne m'éclaire pas davantage. Ah! Si j'étais un intellectuel! J'en aurais des avis sur la question! Je m'indignerais! Je condamnerais! On admirerait mon ardeur à défendre les valeurs démocratiques! La barbarie trouverait en moi un ennemi et elle en tremblerait! Mais je n'ai aucun courage pour écrire une tribune, une lettre ouverte, un texte de pétition. Je ne suis capable que de me mêler de mes affaires. Pourquoi ne suis-je pas un intellectuel? Pourquoi? Pourquoi?

 

lundi 4 avril 2022

De l'éditorialisme


Il y eut le siècle des Lumières. Nous sommes à l’ère des loupiotes. 


 

samedi 2 avril 2022

De la décence commune


George Orwell en Birmanie,
Officier de la police coloniale

Pour accréditer l’idée que les petites gens aspiraient spontanément à la justice, George Orwell leur prêtait une «décence commune», une sorte de moralité spontanée. Jean-Jacques Rousseau avait son sauvage bon par nature, George Orwell son «prolétaire», voire son «petit-bourgeois», altruiste en raison de sa condition sociale. Le remuement des Gilets jaunes a permis de voir la pertinence de cette notion de décence commune quand ces braves insurgés se menaçaient de mort entre eux, de même, quand, dans la période de la crise sanitaire, une majorité de Français désiraient la punition et la non-prise en charge médicale des non-vaccinés, et, de même encore, quand, aujourd’hui, pendant l’opération militaire spéciale de Poutine en Ukraine, des chalands adressent des insultes à des civils russes travaillant en France ou aux salariés des magasins Leroy Merlin. «Il est des idées d’une telle absurdité, que seuls les intellectuels peuvent y croire», disait Orwell. J’attends qu’un historien se lance dans l’écriture d’une Encyclopédie des lynchages inspirés par la décence commune.  


 

samedi 26 mars 2022

En traînant à la Chambre d'amour — II


Assis sur un des bancs du belvédère dominant les plages d’Anglet qui vont de la Chambre d’amour à la Barre, je laissais aller mes pensées. En regardant vers le phare de Biarritz, j’aperçus, posée sur la falaise, boulevard de la mer, la villa prétentieuse de l’ancien gendre de Vladimir Poutine. Par une association d’idées naturelle, le mot «oligarque» me vint à l’esprit. Je me demandais quel serait le visage de la France si sa politique intérieure et extérieure dépendait de puissants propriétaires — ou actionnaires — d’entreprises concentrant l’exploitation de l’énergie, les médias, l’agroalimentaire, la grande distribution, le crédit bancaire, etc. Heureusement, Bolloré, Bouygues, Arnault, Pinault, Niel, Pigasse, etc., n’ont rien de commun avec des oligarques occupés à faire main basse sur l’État et à en orienter la législation en fonction de leurs intérêts. Ce sont des hommes d’affaires avisés, richissimes, certes, mais soucieux de l’intérêt général. Républicains, tous montrent de l’aversion pour la corruption, le lobbying, l’intimidation. Il faut être complotiste pour s’imaginer qu’il y aurait collusion entre l’administration publique et tel ou tel groupe privé français, ou, à plus forte raison, étranger. Quand le ministère de la santé, sur le conseil du cabinet McKinsey, a décidé de mener une campagne massive de vaccination de la population, des enfants aux vieillards, personne, sauf une poignée d’antivax fascistes et antisémites, n’a douté que sa seule volonté était de sauver la vie de millions de gens et non de faire faire des bénéfices à un laboratoire américano-germanique — et d’offrir une belle rémunération au conseiller (clic). Tandis que j’exposais mon visage au soleil printanier, toujours par une association d’idées naturelle, je me disais que les États-Unis montraient aussi l’exemple d’un pays exempt du pouvoir d’oligarques. Tout lecteur du magazine Forbes sait que les capitalistes nord-américains se sont toujours éloignés de la politique, des manœuvres de déstabilisation de gouvernements sud-américains ou moyen-orientaux, pour ne se consacrer qu’à des œuvres philanthropiques. «да, да! Il n’y a qu’en Russie où sévissent des oligarques», ai-je dit en me levant de mon banc que des âmes vertueuses avaient peint aux couleurs de l’Ukraine.   


 

dimanche 20 mars 2022

En traînant à la Chambre d'amour



En traînant l’autre jour à la Chambre d’amour, je songeais à l’opération militaire spéciale qui se déroule en Ukraine. Il me revint que dans Le Choc des civilisations, Samuel Huntington prévoyait que les conflits à venir entre puissances ne seraient pas engendrés par des motifs économiques — pillages d’énergie et de matières premières —, mais seraient causés par des sursauts identitaires, culturels et religieux. L'Occident, chrétien, ou judéo-chrétien, rencontrerait l’hostilité du monde islamique, ou des pays asiatiques confucianistes, hindouistes, bouddhistes, communistes. On constate toute la solidité de cette thèse ces derniers temps. Israël soutient l’Azerbaïdjan contre l’Arménie chrétienne; les États-Unis, l’Europe, et Israël toujours, soutiennent l’Arabie saoudite et autres émirats, fiefs du salafisme, contre l’Iran; la République Populaire de Chine dispute ses frontières avec la République socialiste du Viet Nâm; la Corée du sud menace la Corée du nord d’une réunification; etc. L’exemple qui illustre le mieux la pertinence de la pensée géopolitique de Huntington est la récente invasion d’un pays russophone orthodoxe par un autre pays russophone orthodoxe. Un choc terrible entre deux civilisations que tout oppose: dans un camp, une Ukraine coiffée par une oligarchie et minée par la corruption, dans l’autre, une Russie gouvernée par une ploutocratie et gangrénée par la prévarication. En m’arrêtant devant la plage déserte des Sables d’or, je me dis qu’il n’était pas étonnant que l’Union européenne, réalisation politique de l’idée du Bien, ait choisi le camp dont elle partageait les valeurs.  

lundi 7 mars 2022

Un écrit court et bon est deux fois bon


«Si j’étais un législateur tout-puissant, je me contenterais d’édicter cette loi très simple: “La publication des livres ayant plus de cent pages est interdite.”». Il serait déraisonnable de ne pas approuver Henri Roorda. À cette loi, j’ajouterais un assortiment de peines en cas de contraventions — de lourdes amendes que devraient se partager auteurs et éditeurs. Seuls les dictionnaires garderaient toute liberté de dépasser mille pages, et encore, à condition de ne pas servir de poubelles aux mots qui traînent partout dans le journalisme, les entreprises, les vestiaires. 


In LASSITUDES — Éditions Louise Bottu (clic)




 

lundi 31 janvier 2022



Quand des têtes plates veulent réduire à quia les têtes bien faites, elles les traitent de complotistes ou de conspirationnistes. Ces têtes plates sont tellement plates que l'idée de la nécessité de comploter, ou de conspirer, contre des concurrents, des adversaires, des ennemis, quand on détient et exerce le pouvoir, leur semble irrationnelle. Pour les têtes plates, le désir de domination exprime une forme de civilité. Personnellement, quand je rappelle que des intérêts privés trouvent des accords opaques avec des institutions publiques, que celles-ci servent celles-là, je ne parle ni de complot ni de conspiration, mais de combinazioni. C'est par ce terme chantant que les Italiens, gouvernés par la mafia depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, désignent des arrangements lucratifs, des combines, passés entre l'État et des entreprises industrielles ou des sociétés financières puissantes. Il va de soi que j'évite de parler avec les têtes plates. Mais quand cela arrive et que l'une d'elles m'accuse d'être complotiste ou conspirationniste, je proteste avec la plus vive énergie: «Pardon, Ducon, je suis combinazioniste!»


 

lundi 24 janvier 2022

Dans leur gueule




"Mais c’est, d’une manière générale, toute la gauche qui donne, depuis deux ans, le meilleur d’elle-même. Elle sera tombée dans tous les panneaux tendus. Elle aura relayé tous les mêmes produits par les agences de communication gouvernementales et n’aura rechigné à aucun chantage affectif, à aucun paralogisme, à aucun mutisme complice. Elle se sera révélée pour ce qu’elle est : irrationnelle à force de rationalisme, obscurantiste à force de scientisme, insensible à force de sensiblerie, morbide par hygiénisme, haineuse par philanthropie, contre-révolutionnaire par progressisme, stupide pour s’être crue cultivée et maléfique à force de vouloir appartenir au camp du Bien. Durant ces deux dernières années, dans tous les pays du monde à part peut-être la Grèce, la gauche, socialiste comme anarchiste, modérée comme ultra, écologiste comme stalinienne, se sera systématiquement portée à l’appui du coup du monde technocratique. Aucun confinement, aucun couvre-feu, aucune vaccination, aucune censure, aucune restriction, n’aura semblé assez extrême pour la révulser. Elle fut la voix de la peur tant que la peur régna. Au point de laisser la liberté, la démocratie, l’alternative, la révolution et même l’insurrection désormais tomber dans l’escarcelle conceptuelle de l’extrême droite. Il faut dire qu’elle a toujours incarné le parti de la biopolitique. Pour finir, les marxistes branchés de la revue Jacobin auront halluciné, depuis New York, l’annonce du socialisme qui vient dans le port du masque, tandis que d’autres allaient jusqu’à théoriser le «communisme vaccinal». De passionnantes discussions s’annoncent, dans les poubelles de l’histoire."

In Manifeste conspirationniste - Seuil


 

jeudi 20 janvier 2022

R. J.


Quand, dans une journée, il nous arrive d’avoir un moment inexpliqué de tristesse, c’est parce que l’un de nos morts nous rend visite incognito.


 

mercredi 19 janvier 2022

Ma résolution pour 2022


clic sur la photographie 

Je ferai un pas de plus vers le bonheur avec Boris Cyrulnik. Je profite de la promo.    


 

samedi 15 janvier 2022

Le consentement aux Diafoirus et aux Purgon



La pandémie aura montré à quel point une population, sous prétexte de prévention sanitaire, consent à toutes les humiliations: confinements, couvre-feux, laissez-passer, masques, obligation vaccinale, etc. Elle aura été aussi l’occasion pour les médecins de Molière de faire leur retour sur la scène. Des millions de malades imaginaires se seront rués vers les centres de saignées et autres clystèrodromes.  

In Lassitudes 

Éditions Louise Bottu