mardi 2 novembre 2021

À PARAÎTRE, LE 15 décembre 2021


"Si la mélancolie était une foi, j'en serais le théologien". 

Recueil d'aphorismes qu'il est possible de commander dès maintenant auprès de l'éditeur (clic). 


 

dimanche 17 octobre 2021

Vient de paraître — Éditions les Cahiers dessinés - 15 €


L'Amour, la nouvelle revue dirigée par Frédéric Pajak vient de paraître. Élégante et raffinée. D'excellents contributeurs et illustrateurs. Outre Pajak, on lira Philippe Garnier, Marc-Émile Thiniez, Julie Bouvard, Matthieu Gounelle, Paul Nizon, Aurélie William-Levaux, Bessompierre, Fernando Arrabal, Jacqueline Merville, Nicolas Raboud, Delfeil de Ton, Frédéric Ciriez, Iris Desbordes, Renaud Ego, Frédéric Schiffter, Jean-Noël Orengo, Patrice Jean, Sandrine Pot, Dimitri Bortnikov. On goûtera les dessins et peintures de Micaël, Mix et Remix, El Roto, Roland Topor, Volken, Alexandra Roussopoulos, Jean-Baptiste Sécheret, Corinne Véret-Collin, Stéphane Trapier, R.O. Blechman, Sylvie Fajfrowska, Sempé, Pavel Schmidt, Anna Sommer, Chaval. 


 

lundi 27 septembre 2021

Les brêles contre Roland Jaccard


Quand elle a appris le suicide de Roland, Élisabeth Lévy a osé tweeter: «Il en avait rêvé, il l’a fait». Qui s’étonnera de la vulgarité de cette bonne femme coiffée d’une scarole rouge? 

Jérôme Leroy, l’employé de ladite bonne femme, dans un article filandreux, s’est posé la question de savoir quelle place occupe Roland Jaccard dans «le paysage intellectuel français». Comment cette brêle stalinienne peut-il user de pareil cliché et se poser une telle question? C’est faire injure à Roland qui se savait apprécié des happy few. Là s’arrêtait son ambition.

Tahar Ben Jelloun a signé un billet qui suinte le ressentiment à l’égard d’un écrivain érudit et désinvolte, profond et stylé. Roland avait mis son talent dans sa vie et cette vie dans ses livres. Cela le dispensait de commettre des romans à la manière de Tahar Ben Jelloun, ce parvenu des lettres.  

Roger-Pol Droit a torché une «nécro» de commande dans Le Monde. Quand Roland travaillait pour ce journal, celui qu’on surnomme «Pol-Mouillé» enviait sa liberté, ses livres, son travail d’éditeur. Exemple même du collègue envieux qui se revanche à mots couverts dans un hommage faussement amical. 

Je n’ai pas lu tout ce qui a été écrit sur la mort de Roland. Je l’entends me dire: « Ah!Le Schifftero défend la mémoire du Jaccardo! Je n’en attendais pas moins de lui, mais c’est accorder trop d’importance à des remous de vase!» Il aurait raison, bien sûr. Mais, là, il me faut avoir tort. 

    À propos de mémoire, je sors de ma bibliothèque Vertiges, un opuscule de mon ami que j’avais édité en 2000 quand j'animais DISTANCE, une cabane d’édition construite sur une plage de Biarritz. Cet échec commercial total nous fit rire pendant vingt ans. 


 

mardi 21 septembre 2021

L'élégance de Roland Jaccard (paru dans Philosophie Magazine)


Ce lundi 20 septembre, à 8h15, j’allume mon ordinateur. Je constate que Roland Jaccard m’a envoyé un mot à 7h38. «Je m’en vais! Prends le relais!» Au dessus, je lis: “Big sleep”. Je comprends que mon ami vient de se donner la mort et que ses derniers mots sont ceux d’un testament. 

Le 22 septembre, Roland Jaccard aurait eu quatre-vingts ans. 

Quand je lus L’Exil intérieur, paru en 1975, je commençais mes études de philosophie. Par sa lucidité, l’ouvrage tranchait avec la littérature de l’époque. Alors que des théoriciens marxistes spéculaient sur l’avènement d’une révolution, Jaccard, en disciple de Freud, écrivait la suite de Malaise dans la civilisation. Les troubles de Mai 68 furent non pas les symptômes d’un désir de liberté collective, mais les prodromes d’une schizoïdie générale: plus les individus œuvraient à une subversion de l’ordre par des expériences communautaires, plus ils s’exilaient en eux-mêmes, telles des monades. «Dans nos sociétés modernes, l’autre est réduit à une pure fonction instrumentale; nous le côtoyons, mais nous ne le rencontrons jamais. Nous vivons socialement dans une sorte de vaste coït interrompu.» Et, ajoutait Jaccard, si les idéologies ou les religions nous consolent, seule la pharmacie nous aide à persévérer dans l’existence. 

Pareille vision du monde charmait mon fond de pessimisme et flattait mes doutes à l’égard des utopies. Fils unique, orphelin de père précoce, je trouvais chez Jaccard un grand frère intellectuel. Je guettais la parution de chacun de ses livres, soit un tome de son Journal, soit un de ses essais. Jaccard avait le secret des titres séduisants: L’Ombre d’une frangeDes femmes disparaissent, L’Âme est un vaste paysLes Chemins de la désillusionLa Tentation nihilisteLe Cimetière de la morale… On ne se remet jamais d’une enfance heureuse, ainsi s’intitule son ultime opus

Jaccard émaillait son Journal d’aphorismes bien sentis et ses essais d’anecdotes bien troussées. Pour les aphorismes, il suivait l’exemple de son ami Cioran, pour les anecdotes celui de son modèle Henri-Frédéric Amiel. Il n’avait cure d’être original, du moment où il était personnel en tout. Concernant l’art du roman, il tenait pour lui que c’était une impasse. «Pourquoi donc si peu d’écrivains se rendent-ils compte que le journal intime, c’est la liberté […] alors que le roman a presque toujours quelque chose de contraint, de fabriqué, de décourageant. Déjà ce simple fait stupide, et insupportable, qu’il faut un début et une fin. On sue dans le roman, on s’ébroue dans le journal intime». 

Directeur de collection aux Presses Universitaires de France, Jaccard éditait des livres de philosophie, mais c’eût été lui faire injure de lui dire qu’il était philosophe. Trop égotiste pour s’aventurer dans le général, trop épris de style pour s’échiner sur une somme, trop sceptique pour défendre une doctrine, il se contentait de saupoudrer ses écrits d’une sagesse bien à lui, forgée davantage par l’humeur que par la raison, et inspirée de Schopenhauer — qu’il appelait l’oncle Arthur, ou, avec Cioran, le Patron. Grand lecteur des écrivains viennois fin de siècle et de Thomas Bernhard, il plaçait la littérature au-dessus de la métaphysique. «La première se précipite dans la profondeur des contradictions humaines, alors que la seconde reste au bord de l’abîme».

Souvent, Jaccard évoquait son nihilisme et, souvent aussi, rappelait son désir de se suicider… un jour. 

Qu’entendait-il par nihilisme? Rien qui relève d’une révolte fanatique, mais le sentiment que la vie est une épreuve dont nous pourrions nous passer si on l’examine selon les plaisirs et les douleurs qu’elle nous offre et nous inflige. Pour Jaccard, le calcul était vite fait, même si la Fortune l’avait plus avantagé que desservi — lui qui passa son temps à voyager, à hanter les palaces, à paresser au bord de la piscine Deligny en compagnie de naïades délurées. Il refusa d’être père, voyant dans les maternités des endroits sinistres où des couples sans morale s’apprêtent à tirer du néant des êtres innocents et à les reléguer aussitôt dans l’esseulement, fût-il surpeuplé. C’est parce qu’il ressentait l’angoisse de la solitude et du passage, qu’il multipliait les conquêtes féminines, s’était marié deux ou trois fois, et s’entourait d’amis — même s’il savait, comme Montaigne, les amours plus fragiles que l’amitié. 

Dès ses premiers livres, Jaccard promettait de se suicider, mais sa longévité suscitait des ricanements. Il s’en protégeait par l’humour. «À tous ceux qui s’étonnent que je sois encore en vie, je réponds: on peut se suicider sans mourir. C’est ce que j’ai fait à travers mes livres. Solution tellement confortable, tellement suisse… ». Ce lundi matin, mon ami Roland Jaccard a fait taire les rires. Il n’était pas malade: cet été, il jouait au tennis de table au sporting club de Pully. Il était en pleine possession de son intelligence: quand je lui ai parlé au téléphone début août, il m’amusa avec ses sarcasmes sur l’inquisition sanitaire qui sévissait en France. Dimanche après-midi, il disputait des parties d’échecs avec ses partenaires habituels. Courageux, Roland a refusé le vandalisme de la vieillesse. En 2002, il signait un livre: L’Homme élégant

dimanche 29 août 2021

Le bel été


Quand le Pays basque veut montrer ce qu’est le bel été, il s’applique. Du soleil mais pas de canicule. Un petit clapot mais la houle reste calme. Du bleu et du turquoise en haut et en bas du décor. Vers 13h, j’ai quitté la plage de la Côte des Basques où se tenait une compétition d'exhibition fessière à laquelle participaient toutes les vacancières. Visages et derrières féminins sans masques. Sur ma Vespa, je me suis propulsé vers la Chambre d'amour. La même compétition s'y déroulait. Un sport charmant. Puis j’ai pris place à une terrasse pour déjeuner. J'avais oublié le laisser-passer (que je n'ai pas). Le restaurateur omit aussi de me le demander. Le beau temps rend distrait. Pas le moindre gendarme. Anglet, heureux territoire perdu de la république sanitaire où le vivre ensemble entre vaccinés et irresponsables va de soi.


 

mardi 24 août 2021

De la resquille


Lorsque, adolescent, je voulais voir un film interdit au moins de 18 ans, je m'arrangeais pour entrer au cinéma quand même. Je paraissais plus vieux que mon âge, si bien que la guichetière et le cerbère chargé de déchirer le ticket à l'entrée de la salle n'y voyaient que du feu. Pour plus de précautions, j'avais sur moi la carte d'identité fatiguée d'un ami ayant l'âge légal et à qui, bien sûr, je ressemblais. On ne me la demanda jamais. En fait, je ne crois pas que la dame du guichet et le cerbère étaient dupes. Heureux temps où les préposés des "lieux de culture" n'avaient pas une mentalité de contrôleurs. Ils devaient se foutre pas mal de ma santé mentale quand j'allais voir La Horde sauvage, Les Damnés, ou Les Sans-culottes s'éclatent à Saint-Tropez. Toujours est-il que, à la faveur de l'obligation de présenter un passeport sanitaire pour accéder à tel ou tel endroit, je me retrouve aujourd'hui dans la situation de mes années de resquille. Pour passer les check-point je dispose d'un moyen que je tairai. Cela m'amuse assez. Mais, je ne puis qu'éprouver un malaise à l'idée que tous les gens qui m'entourent ont, de bon ou de mauvais gré… consenti.

 

vendredi 20 août 2021

Conférence



Demain, samedi 21 août, à la médiathèque de Biarritz, à 11h, je tâcherai d'expliquer pourquoi le jansénisme, en soutenant le dogme de la Chute, fut une théologie qui influença les écrivains du Grand Siècle, de La Rochefoucauld à Pascal, de Racine à Madame de La Fayette, de La Fontaine à Bossuet, etc, et pourquoi Port-Royal fut un repaire où dévots, frondeuses et libertins, prenaient plaisir à se côtoyer et à converser.

mercredi 11 août 2021

Brève dystopie à rebours


L’histoire raconte comment, lors d'une dérive psychogéographique, Françoise Sagan, Antoine Blondin et Guy Debord, sont refoulés à l’entrée de leur café habituel parce qu’ils n’ont pas téléchargé leur QR Code. Un peu plus tard, il y a aussi l’épisode où Jean-Paul Sartre est en butte au zèle sanitaire du garçon de café de l’Être et le Néant.


 

dimanche 8 août 2021

Vive le Grand-Frère chinois !


Huffington Post juillet 2021

— Les confinements 

— Les couvre-feux 

— L’incitation des médias à la vaccination de masse

— L’intimidation que les autorités exercent sur les récalcitrants et les félicitations qu’elles décernent aux citoyens responsables

— Le contrôle que les vaccinés sont invités à multiplier sur les non-vaccinés 

— Le passeport vaccinal QR codé obligatoire.

Autant de mesures que la République Populaire de Chine a inspirées à nos gouvernants et parlementaires. 

Il est donc parfaitement déplacé de dire que la France flirte avec la dictature sanitaire quand on voit que, depuis le début de la pandémie, elle prend exemple sur une grande démocratie.

 


 

mardi 3 août 2021

Qu'une démocratie doit s'honorer en créant un nouveau délit


Avant que la loi imposant le passe sanitaire ne soit votée, Claire Hédon, Défenseur des droits, avait alerté le Parlement sur les atteintes à la vie sociale que ne manqueraient pas d'entraîner certaines dispositions: «le contrôle d’une partie de la population par une autre», «les risques de discriminations dans l’emploi», «les risques considérables d’atteinte aux droits de l’enfant», «les risques liés au traitement des données médicales». Feignant des divergences, députés et sénateurs ont posé leur gros fessier de rhinocéros sur ce rapport. Il est illusoire de penser que les Assis du Conseil Constitutionnel censureront tout ou partie de cette loi. Avec le courage qui les caractérise, ils lui donneront leur bénédiction tout en exprimant, pour la forme, des réserves. Soutenu par les deux assemblées et la caste médicale omniprésente dans les médias — lesquels, d’ores et déjà, justifient la hausse des prix des vaccins —, l’exécutif gouverne seul. Le macronisme sanitaire a triomphé pour la plus vive jouissance des citoyens éclairés, tous dames patronnesses et Monsieur Homais, pressés qu’on punisse le nouveau délit créé par la démocratie: l’anti-passisme.


 

jeudi 29 juillet 2021

Ce monde est triste, hélas! Et je lis trop de livres !



Jadis, j'avais fondé une cabane d'édition nommée DISTANCE avec mon ami Jean-Michel Martinez-Esnaola. Nous publiions nos ouvrages avec l'aide du Bookstore, de Biarritz. Ne reculant devant aucun paradoxe, nous décidâmes d'exhumer un texte de Schopenhauer, tiré des "Parerga et Paralipomena", intitulé "La Lecture et les Livres", mais, là, proposé sous le titre de "L'Art de ne pas lire". Le Patron, comme l'appelait Cioran, fâché avec la littérature de son temps, y donne un conseil: "La meilleure façon de ne pas lire le mauvais, c'est de ne lire que le bon" — c'est-à-dire les classiques. En feuilletant ce savoureux factum, j'en retiendrai aussi cette phrase dans la perspective de la rentrée littéraire qui vient: "À en croire Hérodote, Xerxès pleura à la vue de son innombrable armée, en songeant que de tous ces hommes il n’en resterait pas un seul vivant dans cent ans. Qui ne pleurerait aussi en songeant que, [de tous ces romans empilés dans les rayons des libraires], il n’en restera pas un seul vivant, même dans [six mois]?"


 

mardi 27 juillet 2021

De la République sanitaire


La perspective de devoir présenter un QR Chose à un patron de bistrot pour avoir le plaisir de boire un café en terrasse, me coupe toute envie d’aller boire un café en terrasse. Je préfère renoncer à cette agréable habitude plutôt que de prendre celle, méprisable, de montrer patte blanche à un taulier ou, pire, à la maréchaussée. 

L’instauration du passe m’apparaît comme un système de surveillance et d'intimidation policier, para-policier, patronal, consistant à violer le secret médical des gens et à les réprimer, par des amendes et des suspensions de salaire, s'ils ne se montrent pas sanitairement corrects. Les démocrates candides ont beau fustiger à haute voix ceux qui dénoncent une dictature sanitaire, ils ne peuvent nier qu’il s’agit bien de contrôler des citoyens — ils le seront aussi. La seule raison qu’ils trouvent pour justifier leur adhésion à la loi qui vient d’être votée est la défense d’un intérêt collectif: la santé. Au nom de la santé de tous, ils approuvaient hier l’enfermement, les couvre-feux, les laisser-passer. Comme ce sont des progressistes en matière de médecine, ils approuvent désormais le bannissement de la vie sociale de leurs concitoyens qui, fussent-ils vaccinés, refusent le passe-sanitaire. Je ne puis m’empêcher de voir dans ces champions de la démocratie, éclairés par la science et le gouvernement, un désir d’ôter aux «anti-passe» leurs droits civiques, alors qu’il ne me semble pas que, de leur côté, les «anti-passe» réclament la non-vaccination obligatoire pour tous, encore moins des sanctions ou des vexations pour les vaccinés. Par ailleurs, d’autres que moi l’ont déjà remarqué: si Marine le Pen était au pouvoir et qu’elle eût pris les mêmes mesures de coercition que le président Macron, ces démocrates auraient fait irruption sur les Champs Élysées au cri de:« À bas le fascisme sanitaire». 

 

Pour ma part, je ne parle pas de dictature sanitaire. Les quelques gugusses qui ont arboré l’étoile jaune où il était inscrit «anti-vaccin» sont clairement des demeurés, mais ils sont le reflet symétrique inversé de ces autres demeurés «pro-passe», largement plus nombreux, qui plastronnent sur les plateaux de télévision et traitent les «anti-passe» de criminels, de conspirationnistes, d’obscurantistes, etc.

 

Je comparerais plutôt les décisions gouvernementales et parlementaires à celles d’une forme d'inquisition politico-médicale. Il y a un dogme: le Vaccin préserve du diable Delta. Il faut non seulement y croire mais s’y convertir sous peine d’ostracisme social. Or, on ne s’y convertit qu'à la condition de se faire baptiser en tendant le mou de son deltoïde à un prêtre en blouse blanche qui y plantera une seringue. Ainsi notre société se divise-t-elle à présent en baptisés et non-baptisés, les premiers résignés à produire leur certificat de baptême en toute occasion, les seconds bientôt condamnés à agiter une crécelle aux abords des lieux fréquentés. Personnellement, je me réjouirais que la nouvelle loi suscitât non pas un mouvement de résistance — le mot est bien ronflant — mais de resquille. Les resquilleurs font preuve de cette intelligence pratique et insolente qu’on appelle l'astuce. Je compte sur eux pour tourner en ridicule les grands et petits inquisiteurs qui se piquent, si j’ose dire, de convertir leurs prochains à leurs lubies sanitaires.   


 

dimanche 18 juillet 2021

Piquante ironie de l'Histoire



On ne peut pas me reprocher mes fréquentations puisque mes amis sont centristes de gauche — sympathisants du PS et du parti néo-stalinien français (PC). En 2017, la plupart ont fait barrage au chavisme et au fascisme en votant pour Emmanuel Macron. Aussi, quand Donald Trump était au pouvoir, je les voyais inquiets. À les entendre, l’Amérique suivait une pente dangereuse, surtout quand l’homme au brushing indestructible divisait le pays, en montant les «abominable people» — dixit Hillary Clinton — contre les gens bien. Maintenant, mes chers amis, voulant faire barrage au Variant Delta, votent pour les vaccins Trump obligatoire. Je rappelle que Pfizer et Moderna ont été financièrement encouragés et trouvés sous le mandat de l’autocrate. Mes mêmes amis approuvent Emmanuel Macron quand, en président libéral, éclairé par la science et la raison, il oppose les bons français aux abominables anti-passe. Division de l’autre côté de l’Atlantique, tri civique de ce côté-ci. Si je ne doute pas de l’efficacité de tel ou tel Trumpcine, je me demande si mes amis centristes de gauche goûtent à l’ironie de l’Histoire