lundi 2 décembre 2019

Chers abonnés, je me rends compte aujourd'hui seulement que vos commentaires m'attendaient sur la page technique de ma page. Sitôt vus, sitôt publiés. J'y répondrai dès que j'aurais trouvé la manière de le faire. Maudite gaucherie!  

mercredi 27 novembre 2019

lundi 25 novembre 2019

Corneau Patrick, l'envieux

J’ai bien conscience que personne ne connaît Patrick Corneau. Pourquoi le connaîtrait-on? Quand il s’essaye à la littérature, ses productions passent inaperçues tant elles sont insipides. D’abord, Corneau a voulu m’imiter (clic). Ce fut raté. Je le lui ai dit et il l’a mal pris. Ensuite il a cherché à cultiver un genre qu’il croyait plus accessible, à savoir la prose d’un Denis Grozdanovitch — du type «philosophe à sa fenêtre». Là aussi ce fut raté. Corneau rate tout, même ses photographies. Alors il se venge des auteurs de qualité qu’il envie en allant sur Amazon déposer de petites fientes en guise d’avis de lecture à propos de leurs livres. Il m’a fait le coup pour l’un des miens. Et, là, il s’en prend à Iñaki Uriarte. Non seulement Bâiller devant Dieu (clac) représente pour Corneau l’exemple même d’une excellence dont il est incapable, mais de voir que j’ai préfacé le bouquin l’a mis en rage. C’est donc pour le punir que je l’attache à nouveau au piquet des brêles.      



dimanche 24 novembre 2019

mercredi 20 novembre 2019

Venez donc à ma conférence du samedi 23 novembre consacrée à Jean-Paul Sartre à la médiathèque de Biarritz. C'est à 11h


Présentation: 
Le Jean-Paul Sartre auteur de La Nausée ou de L’Être et le Néant fut-il le même que celui qui écrivit Critique de la Raison dialectique? Le philosophe existentialiste schopenhauerien d’avant-guerre aurait-il salué l’intellectuel marxiste des années d’après-guerre? Celui qui publia Les Mots pouvait-il prôner la littérature engagée? Jean-Paul Sartre fut sans doute l’écrivain français du XXe siècle le plus paradoxal à redécouvrir ou à découvrir.  


dimanche 17 novembre 2019

Rendez-vous le 19 novembre, 19h30


Le mardi 19 novembre, à 19h30, à l'invitation du Café philosophique de Biarritz, je serai au bar et fronton Plaza Berri (42, avenue du Maréchal Foch) pour commenter Le Voluptueux inquiet (Éditions Louise Bottu) et en débattre avec l'assistance.
Présentation: 
Dans sa Lettre à Ménécée, Épicure affirme que si on observe les principes de son éthique — ne pas craindre les dieux ni la mort, ne satisfaire que ses besoins naturels et nécessaires, adopter une conduite prudente dans un monde hasardeux — l’ataraxie, ou la sérénité, ou le bonheur, est accessible. Dans sa réponse à Épicure, Ménécée s’interroge sur la réelle efficacité de cette «médecine de l’âme». La sagesse ne serait-elle pas l’asile de l’illusion? 

Le Voluptueux inquiet, réponse à Épicure, est en vente au BOOKSTORE et à la Maison de La Presse de Biarritz. L’auteur (Frédéric Schiffter-Ménécée) aura le plaisir de dédicacer l’ouvrage à l’issue de cette rencontre. 

jeudi 24 octobre 2019

Iñaki Uriarte


L'homme sur la couverture de ce livre s'appelle Iñaki Uriarte. Le photographe l'a saisi en train de s'adonner à l'une de ses activités principales, une autre étant celle d'écrire. Aujourd’hui on trouvera en librairie Bâiller devant Dieu (Éditions Séguier), le journal de cet écrivain basque, né à New York, vivant à Bilbao, styliste excellemment traduit par Carlos Pardo. Des pages de notes, de réflexions, de souvenirs, où l’ironie, l’humour, la lucidité, la culture littéraire, se conjuguent pour donner forme à un traité désinvolte de philosophie que Montaigne et Chamfort auraient salué. J’ai eu l'honneur et le plaisir d'en faire la préface. Pour donner une idée de l’atmosphère du livre, j'en citerai un seul passage: «Il m’a tenu des propos qui m’ont effrayé et flatté à la fois: grâce à moi, il a “appris que le désespoir devait être considéré avec légèreté“. Je me suis inquiété: cela signifie-t-il qu’il m’a souvent vu désespéré? Il a appris de moi, dit-il, que le désespoir peut s’apprivoiser, que c’est un sentiment qui disparaît comme il est apparu, “comme une grippe“. J’ignore ce dont il parlait. Nous ne saurons jamais en quoi les autres nous jugent utile.» 

samedi 19 octobre 2019

Incurable déviance


J’ai été anarchiste, au sens politique du terme, pendant mes années de lycée. À la devise «Ni dieu, ni maître», j’ajoutais inconsciemment: «ni père», car je perdis le mien quand j’eus neuf ans.  Une révolte œdipienne, en quelque sorte. Toute forme de commandement m’était insupportable à commencer par celle que j’observais dans les mouvements d’extrême gauche qui sévissaient dans la jeunesse. Les groupes maoïstes et trotskystes se coiffaient de petits chefs et leurs militants me paraissaient aussi coincés que les jeunes staliniens du Parti communiste français. Je me suis aussi défié des libertaires en les fréquentant de près. Si je les trouvais plus sympathiques que les gauchistes, ils n’étaient pas moins dogmatiques. Aussi quand je lus, en 1974, en classe de première, Raoul Vaneigem et Guy Debord, j’en fus un peu revigoré. À mes yeux juvéniles, le premier maniait des formules percutantes et le second des analyses d’une lourdeur intimidante. J’avais un besoin de références originales. Le Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générationsLa Société du spectacle, les numéros de la revue Internationale situationniste, collaient bien à mon désir de distinction théorique. Autour de moi, personne ne connaissait cette littérature et mon snobisme en était comblé. Mais, avec le temps, je me lassai aussi de ces utopistes pour classes moyennes et de leurs enthousiastes suiveurs. Quand je découvris le Précis de décomposition de Cioran à l’âge de dix-huit ans, ce fut un heureux tournant dans l’histoire de mon anarchisme. J’eus le sentiment que ce livre avait été écrit pour m’encourager à ricaner des idées humanistes prônées, je le pressentais, par des canailles et des baratineurs. Il m’orienta vers la marquise du Deffand et Joseph de Maistre. J’appris avec la première à m’abandonner au cafard, avec le second à laisser parler en moi l’ennemi du progrès. La maxime de Cioran selon laquelle «on doit se ranger du côté des opprimés en toute circonstance, même quand ils ont tort, sans pourtant perdre de vue qu’ils sont pétris de la même boue que leurs oppresseurs», me servit de seule philosophie politique qui, sans tarder, me valut la disgrâce de mes amis lecteurs de Bakounine, de Kropotkine, de Proudhon. En adoptant l’infréquentable déconneur métaphysique comme un oncle spirituel dont je pouvais suivre les préceptes sans forcer mon talent, je passai à leurs yeux pour un détestable individualiste petit-bourgeois — déviance morale dont je n’ai jamais cherché à guérir tant elle m’était naturelle.   

samedi 12 octobre 2019

Telle mère, tel fils


Quand j’étais lycéen, et m­­ême plus tard quand je traînais à l’université, ma mère me recommandait les écrivains qu’elle aimait. Antoine Blondin, Albertine Sarrasin, Frédéric Dard, Alphonse Boudard… «Ça te changera de tes philosophes qui ne me semblent pas éveiller ta jugeote plus que ça», me disait-elle en me tendant un livre de Georges Simenon ou de Sébastien Japrisot. Même si je montrais des réticences à l’égard de cette littérature populaire à cause de l’obligation où j’étais de connaître les auteurs classiques, je trouvai des moments pour la lire. Non seulement j’en éprouvai du plaisir, mais il me vaccina contre les escroqueries modernistes telles que le Nouveau Roman, le roman expérimental et autres formalismes littéraires. Je dois à ma mère ma saine répugnance pour la sémiologie, la critique textuelle, l’avant-gardisme de certaines revues, tous ces snobismes de l'écriture qui sévissaient au cours des années 70 et 80. Ma mère fut pour moi un professeur de démystification.  

mercredi 9 octobre 2019

Ataraxie ? Tu parles !


Le Voluptueux inquiet (clicfait déjà l’objet d’un retirage. Nouvelle couverture, texte de présentation augmenté. Ménécée confirme sa présence. On ne peut plus parler d’épicurisme tranquille.    

mercredi 2 octobre 2019

Conférence du 5 octobre 2019


Société et religions, tel sera le thème de ma conférence. En voici la teneur:  Si, comme on l’admet communément, le mot «religion» vient du latin «religare» qui signifie «relier», on comprend la vocation des cultes polythéistes ou monothéistes à fonder des sociétés et à en légiférer les mœurs. Ce fut le cas durant des millénaires. Toutefois, le pouvoir politique et le droit se sont émancipés du divin. C’est l’un des traits majeurs de la modernité. Mais cette émancipation a-t-elle réellement eu lieu? La laïcité a-t-elle gagné son combat?

Médiathèque de Biarritz 15h 
Entrée libre 

mercredi 18 septembre 2019

Le plaisir de se moquer, de pester et de haïr avec finesse


Gabriela Manzoni

« Tout philosophe a deux philosophies, la sienne et celle de Spinoza », écrivait Bergson. Je ne suis pas philosophe. D’une part je n’ai jamais élaboré de système, et, d’autre part, à supposer que je fusse parvenu à pareil exploit, l’Éthique est une œuvre qui ne m’eût pas permis de nourrir ma pensée. Il ne m’en reste que le souvenir d’une lecture pénible. Avec sa prétention d’exposer une psychologie more geometricoSpinoza a sans doute fait le bonheur des professeurs de philosophie, mais a ruiné toute chance de faire celui de l’honnête homme, lequel, plus sensible que ces derniers à l’esprit de finesse, préfère, concernant la même matière, les Maximes de La Rochefoucauld. On connaît la phrase de Spinoza: «Ne pas se moquer, ne pas pester ni détester, mais comprendre». La Rochefoucauld n’eût pas manqué de se demander quel vice pouvait bien masquer l’affichage de pareil principe vertueux et de rappeler que la moquerie, la colère et la détestation, sont inclinations qu’une forte intelligence non seulement demeure impuissante à vaincre mais dont elle se fait la servante. La funeste lacune de Spinoza fut d’ignorer le péché originel. En s’évertuant à décrire le mécanisme des affects sans partir de cet irréfutable postulat, il condamna son lecteur à une ennuyeuse doctrine du salut. S'il avait évité de se faire passer pour un géomètre de l’âme et un maître de sagesse, s'il ne s'était « piqué de rien » comme La Rochefoucauld, peut-être aurait-il goûté aux joies du cynisme. 
   


samedi 31 août 2019

Conférence samedi 7 septembre à la médiathèque de Biarritz — entrée libre et gratuite


Portrait d'Arthur Schopenhauer
par 
Wilhelm Neuhäuser


Pourquoi, cher lecteur, donnerai-je samedi 7 septembre à 11h, à la médiathèque de Biarritz, une conférence sur Arthur Schopenhauer? Guy de Maupassant répond à ta question: «Qu'on proteste ou qu'on se fâche, qu'on s'indigne ou qu'on s'exalte, Schopenhauer a marqué l'humanité du sceau de son dédain et de son désenchantement. Jouisseur désabusé, il a renversé les croyances, les espoirs, les poésies, les chimères, détruit les aspirations, ravagé la confiance des âmes, tué l'amour, abattu le culte idéal de la femme, crevé les illusions des cœurs, accompli la plus gigantesque besogne de sceptique qui ait jamais été faite. Il a tout traversé de sa moquerie, et tout vidé. Et, aujourd'hui même, ceux qui l'exècrent semblent porter malgré eux, en leur esprit, des parcelles de sa pensée.» Alors, cher lecteur, à samedi?