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lundi 3 janvier 2011

Le voyageur et son ombre




Hors de la caverne de Platon, l’évadé reste enfermé dans ses ténèbres.

vendredi 5 novembre 2010

Hobby

 
Photographie de Man Ray 


Cafarder — ou éprouver la finitude de tout avec le flegme d'un écorché vif.


mardi 2 novembre 2010

Jacques Mesrine a été assassiné le 2 novembre 1979

 



Le Mitard

Oui, Madame !
Il tourne, il tourne en des milliers de pas qui ne mènent nulle part
Dans un monde-béton, aux arbres de barreaux fleuris de désespoir
Inhumain…, rétréci…, sans aucun lendemain. 
Sa pitance est glissée sous une grille à terre
Et dans un bol l’eau… pour qu’il se désaltère.
Il est seul, sans soleil
Et n’a même plus son ombre.
Infidèle compagne, elle s’en est allée
Refusant d’être esclave de ce vivant mort-né.
Il tourne…, Il tourne et retournera toujours
Jusqu’au jour où vaincu en animal blessé
Après avoir gémi en une unique plainte
Il tombera à terre et se laissera crever
Pour trouver dans la mort sa seule liberté.
Je vous vois une larme… !
Pourquoi vous attrister ?
«Pauvre chien», me dites-vous !
En voilà une erreur…
C’est un homme, Madame,
Il est emprisonné.
C’est celui que vos pairs ont si bien condamné
En rendant la justice au nom des libertés.

Jacques Mesrine

Fleury-Mérogis…
Un jour de septembre 1976 où j’existais si peu
Que je n’étais même pas personne.

L’Instinct de mort
(Éditions Champ Libre -1984)

dimanche 24 octobre 2010

La suprématie de l'incertain


"Dans les châteaux de ma solitude, les échos sont congédiés."

"Les grabataires voient le ciel à sa juste hauteur."

"Contre moi, il n'y a pas de remède."

"Le vieux mourut dans la boue de Champagne. Le fils dans la crasse d'Espagne. Le petit s'obstinait à rester propre. Les Allemands en firent du savon..."

Paul Valet

vendredi 8 octobre 2010

Demande d'emploi


"Il y a des gens qui font de l’argent, d’autres de la neurasthénie, d’autres des enfants. Il y a ceux qui font de l’esprit. Il y a ceux qui font l’amour, ceux qui font pitié. 
Depuis le temps que je cherche à faire quelque chose ! Il n’y a rien à y faire : il n’y a rien à faire."

Jacques Rigaut

vendredi 6 août 2010

Correspondance



Quand Edward Hopper peignait la pétrification des individus dans leur solitude, Fernando Pessoa, à la même époque, écrivait dans Le livre de l'inquiétude : "Puisque la vie ne nous a offert qu'une cellule de reclus, tentons alors de la décorer, ne serait-ce que de l'ombre de nos songes, dessins et couleurs mêlés, sculptant notre oubli sous l'immobile extériorité des murailles".

dimanche 25 juillet 2010

samedi 17 juillet 2010

Souriez, s'il vous plaît

Curieux des écrivains envoûtés par le chagrin, j'ai découvert Jean Rhys, auteur de Voyage dans les ténèbres, de La Prisonnière des Sargasses et de Bonjour, minuit. Pour survivre, cette sœur en désespoir de Louise Brooks fut un temps, dans les Années folles, danseuse de revue. L’âme et le corps épuisés, Jean trouvait la force de peindre des paumées qui, comme elle, n’avaient jamais le dessus et n’en menaient pas large. Sa vocation pour le roman ? Nulle. "Je voulais vivre heureuse, tranquille et obscure", confessait-elle. "Je me suis traînée vers l’écriture." Preuve qu'on peut se traîner avec grâce.

mardi 13 juillet 2010

Message personnel

Comme le rédacteur de cartes postales, le maniaque des aphorismes écrit à des êtres lointains pour leur rappeler qu'il existe.

samedi 10 juillet 2010

Bonjour, grande sœur

"Peut-être faut-il, comme je l'ai toujours fait, haïr la vie dans le fond pour l'aimer sous toutes ses formes."
Françoise Sagan 
Le garde du cœur

lundi 28 juin 2010


Même si la prudence conseille de ne pas rendre un trop grand service à un ami afin qu'il ne vous fasse pas payer au prix fort la dette qu'il vous doit, il arrive que l'amitié allège la vie. Il est curieux que j'attende la même chose de l'amour, conscient qu'il complique tout. Guetter un signe de l'aimée m'est une agonie. Je vis dans la terreur qu'elle me quitte, qu'elle me jette dans la gueule du vide, qu'elle me rende à moi-même. Mais là, rien d'original. La société n'est qu'un vaste orphelinat où les pensionnaires cherchent en pure perte à s'adopter entre eux.

samedi 26 juin 2010

IN A LONELY PLACE - 1950 Nicholas Ray. Titre français : LE VIOLENT


"Je suis né quand elle m'a embrassé. Je suis mort quand elle m'a quitté. J'ai vécu tant qu'elle m'aimait"