C’est vers 20h, le 30 juillet, que je me suis aperçu que la forêt de Chiberta brûlait. On eût dit qu’un B 52 avait largué une bombe au napalm. Je ne vais jamais me balader dans ce coin, préférant flâner en bordure des plages. Mais c’est là, au milieu des grands pins et des genêts que ma chère Arletti habite. Sa maison et son jardin ont été épargnés grâce à une volte-face du vent et au zèle des pompiers. On dirait désormais un îlot de verdure posé dans un champ carbonisé. Arletti déplore le sort affreux que les animaux ont subi. Ils avaient profité du confinement pour s’exprimer et circuler en liberté. Un prédateur sans instinct, obéissant à sa seule force élémentaire, les a anéantis. Depuis des années, tous les jours, une buse variable venant de Chiberta planait au-dessus du parc. C’était sa visite rituelle. À son approche, les autres oiseaux, même les pies, baissaient d'un ton. Dès qu’elle repartait, ce petit monde reprenait les conversations. Je ne la vois plus. Cela m’attriste. Elle manque aussi au ciel.
Affichage des articles dont le libellé est Chiberta. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chiberta. Afficher tous les articles
dimanche 2 août 2020
Inscription à :
Articles (Atom)
