Ce jour, j'ai reçu Les Sermons de Maître Eckhart, publié aux éditions Louise Bottu (clic). Ce mystique à la rhétorique bien troussée invitait les âmes au détachement, voire à l'anéantissement, pour qu'elles accueillent Dieu. Dieu ne peut les visiter si elles s'encombrent des objets de leurs désirs ordinaires. Il faut qu'elles fassent place nette en elles pour cet Invité de marque. Les mystiques ont toujours été considérés par l'Église comme des hérétiques. Elle a persécuté ces amoureux de l'absolu qui n'ont que mépris pour les rouages d'une institution qui exige qu'on atteigne Dieu en gravissant les échelons qu'elle impose. Comme Thérèse d'Avila, Jean de La Croix, comme Margueritte Porette, une béguine auteur d'un ouvrage — Le miroir des âmes simples anéanties — qui lui a valu le bûcher, Eckhart pense que c'est Dieu qui nous atteint quand nous sommes prêts. Ce ne doit pas être mon cas malgré le vide que je fais en moi chaque après-midi. Dieu ne doit pas considérer la sieste comme une épreuve spirituelle.

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