dimanche 8 mars 2015
jeudi 5 mars 2015
L'irréprochable esprit voltairien
On dit que depuis les
attentats de janvier dernier, les Français redécouvrent l’«esprit
voltairien». Le Traité sur la
tolérance s’arracherait dans les
librairies. Heureusement qu'ils ignorent le Dictionnaire philosophique (clic). J'ai en mémoire l’article «Juifs» qui y
occupe une bonne dizaine de pages et dans lequel Voltaire déroule des amabilités à l'encontre — dixit — du "peuple chéri de Dieu". En voici un bref extrait choisi pour sa modération:
"[…]Vous demandez ensuite si les anciens
philosophes et les législateurs ont puisé chez les Juifs, ou si les Juifs ont
pris chez eux. Il faut s’en rapporter à Philon: il avoue qu’avant la traduction
des Septante les étrangers n’avaient
aucune connaissance des livres de sa nation. Les grands peuples ne peuvent
tirer leurs lois et leurs connaissances d’un petit peuple obscur et esclave.
Les Juifs n’avaient pas même de livres du temps d’Osias. On trouva par hasard
sous son règne le seul exemplaire de la loi qui existât. Ce peuple, depuis
qu’il fut captif à Babylone, ne connut d’autre alphabet que le chaldéen: il ne
fut renommé pour aucun art, pour aucune manufacture de quelque espèce qu’elle
pût être; et dans le temps même de Salomon ils étaient obligés de payer
chèrement des ouvriers étrangers. Dire que les Égyptiens, les Perses, les
Grecs, furent instruits par les Juifs, c’est dire que les Romains apprirent les
arts des Bas-Bretons. Les Juifs ne furent jamais ni physiciens, ni géomètres,
ni astronomes. Loin d’avoir des écoles publiques pour l’instruction de la
jeunesse, leur langue manquait même de terme pour exprimer cette institution.
Les peuples du Pérou et du Mexique réglaient bien mieux qu’eux leur année. Leur
séjour dans Babylone et dans Alexandrie, pendant lequel des particuliers purent
s’instruire, ne forma le peuple que dans l’art de l’usure. […] Enfin vous ne trouvez en eux qu’un peuple
ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la
plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les
peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent." Et de conclure: "Il ne faut pourtant pas les
brûler." Là, on retrouve Voltaire.
mercredi 21 janvier 2015
Expulsons Lassana Bathily!
Lassana Bathily
Quand un Musulman noir français entre dans une épicerie cachère et abat quatre de ses compatriotes juifs, pourquoi dans le même temps et dans le même lieu, un autre Musulman noir, au lieu de donner un coup de main à son frère, s’ingénie à sauver une quinzaine de Français juifs qui ne sont pas même pas ses compatriotes? Dans quel monde vit donc ce dernier? Ne sait-il pas que la guerre des civilisations a éclaté? Ne lit-il jamais Causeur ou Valeurs actuelles? Si un Musulman n’est même plus capable de nous foutre la trouille, à quoi peut-il servir? Qu’on l’expulse!
Libellés :
rire des cons et de leurs alliés
dimanche 11 janvier 2015
mercredi 31 décembre 2014
vendredi 19 décembre 2014
mardi 16 décembre 2014
Définition chic
Photographie: Gilbert Garcin
Imbécile:
Quand un imbécile me parle, le
monde se rétrécit.
In Dictionnaire chic de philosophie
(Écriture)
(Écriture)
jeudi 27 novembre 2014
Il giorno della Schiffterina
Photographie © Isabelle Nori
(Juillet 2014)
«[…]Je sais que ce qui me
bouleversa chez Françoise. C’était sa façon de se débattre, belle, mélancolique
et souriante dans la solitude, au milieu de gravats d’espérances. Pour la
consoler, j’essayai de la convaincre qu’il lui faudrait désormais ne se donner qu'à
elle-même et se prêter aux autres, à commencer par moi, trop prosaïque
pour faire rimer «amour» avec «toujours», pas assez philosophe pour dire « être »
au lieu de «peut-être».[…] »
Le Plafond de Montaigne
Libellés :
belle aimée,
la Schiffterina,
no se puede vivir sin amar
vendredi 21 novembre 2014
Définitions chics
Incipit:
Je commence toujours un livre comme j'aborde une fille: par une belle phrase.
Jeu (vieux):
Peut-être suis-je démodé, mais
j’aborde toujours une fille comme je commence un livre: par une belle
phrase.
In Dictionnaire chic de Philosophie
Libellés :
art du chiqué,
divertissement
dimanche 16 novembre 2014
Misère du chiqué
Hier, comme prévu, j’ai dédicacé mon Dictionnaire chic. À cause d’une panne
d’électricité, la séance n’a pas eu lieu au Bookstore, mais juste en face, de
l’autre côté de l’avenue, au premier étage d’un petit restaurant: le Sésame. Il
est venu du monde, comme on dit. J’ai improvisé une causerie qui tourna assez
vite en une conversation aimable et détendue. L’ami Tristan, que je croyais à
Paris, apparut par surprise. Ce fut un moment agréable. En rentrant chez moi,
je songeai combien il est étrange que des gens se déplacent pour venir papoter avec un type comme moi qui se croit tellement seul quand il prend la déposition
de ses humeurs. À ces occasions, je veux parler des séances de signature, j’apprends
même que j’ai des lecteurs fidèles. En me lisant, des anonymes me connaissent
davantage que je ne les connaîtrai jamais. La littérature impose un commerce
des âmes inégalitaire. Ce samedi soir, cependant, j’ai reçu une belle leçon
d’humilité. Je ne suis pas si incompris que je me plais à le croire.
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