mercredi 19 mars 2014
samedi 15 mars 2014
samedi 8 mars 2014
lundi 3 mars 2014
samedi 1 mars 2014
Demandez le programme!
Ce soir, à l’heure de l’apéritif, sur le coup de 18h59, je serai sur le plateau de
l’émission télévisée «Les grandes questions» — sur la 5 — présentée par
Frantz-Olivier Giesbert et, surtout, la charmante Géraldine Muhlmann. Il sera
demandé aux invités s’il y a des raisons d’espérer. Je vais tâcher d’ici là,
par politesse, d’en trouver au moins une. Mais je ne garantis rien.
vendredi 7 février 2014
Augustinisme balnéaire
«Combien de fois, mon Dieu, mîtes-vous mon âme à l’épreuve en plaçant de gracieuses créatures sur le chemin qui la menait à
Vous. Combien de fois y ai-je vu non pas une exhortation à résister à la concupiscence, mais à y
succomber. En me perdant, je me disais que c’était par tant de séduction que se
manifestait aussi Votre gloire créatrice.»
Saint Augustin
samedi 1 février 2014
Lettre à Pierre L.
Clément Rosset, Néo-Mexique, juillet 2013
Cher Pierre L.,
Sur votre suggestion,
je viens de regarder La Grande Librairie,
l’émission de François Busnel. Vous avez raison: Robert Misrahi n’est qu’un
triste sire, aussi est-il bien naturel que son petit pensum soit préfacé par
Michel Onfray, un type encore plus sinistre que lui. Vous vous demandez quel
public le pataquès conceptuel de cet olibrius peut séduire et convaincre. Soyez
persuadé que, quand elles liront le titre du produit — La joie d’amour, pour une érotique du bonheur —, nombre de bonnes femmes sous-cultivées et en déficit de séduction se précipiteront
dessus. L’ayant feuilleté, elles le rangeront sur une étagère de leur
bibliothèque consacrée au thème de l’épanouissement personnel, entre un
bréviaire de spiritualité œcuménique de Frédéric Lenoir et un traité de
méditation de Matthieu Ricard, et, sans doute, à côté d’un manuel de
philosophie appliquée à la vie quotidienne de Roger-Pol Droit — surnommé par ses
confrères du journal Le Monde: Roger
Poule-Mouillée. Comme vous l’avez remarqué, Clément Rosset semblait perdu sur
ce plateau au milieu de ces cuistres bien-pensants et verbeux, l’un prenant la pose du
héros attendant la mort, l’autre nous expliquant comment il s’est débarrassé de
la peur et nous invitant à suivre son exemple, un autre encore, la face barrée d'un rictus haineux, osant ramener son imbitable science de l’amour. Vous déplorez
qu’il ait eu moins de temps de parole que les autres. C’est vrai. Mais Rosset
n’en pensait pas moins. Ce n’est donc pas grave. Vous, moi, d’autres happy few qui lisent Rosset depuis
longtemps, nous savons que rien n’égale l’humour de ses ouvrages pour aérer une atmosphère
intellectuelle chargée de moraline. Nous formons une secte de je-m’en-foutistes
de qualité et, comme disait Oscar Wilde, «dans un siècle où l’on ne prend au
sérieux que les imbéciles, nous vivons dans la terreur de n’être pas
incompris».
À vous, F.S.
mardi 21 janvier 2014
Causerie
«[…]Je
suis né en 1956 — l'année où Cioran publie La Tentation d’exister. Une croyance africaine prétend que naître
c’est remplacer un mort. De qui, alors, sommes-nous le successeur ou le
succédané? Impossible de le savoir. Tout au long de notre vie, les mânes
d’un être inconnu collent à notre carcasse. Elles ne se détachent de nous que
lorsque nous mourons et sans doute ne s’anéantissent-elles qu’à ce moment-là.
Je ne saurais dire si je portais un fantôme en moi en venant au monde. En
revanche, celui de mon père me hante depuis plus de quarante ans. Il a disparu
de ma vie quand j’avais neuf ans — corps et âme. J’ai derrière moi un demi
siècle de tristesse, ce qui représente une honnête carrière de philosophe
sentimental […]».
In Le Charme
des penseurs tristes
samedi 11 janvier 2014
Niccolo per sempre
«Quand j’étais en grâce auprès du prince et qu’il me prêtait le crédit
dû aux conseillers désintéressés, je l’avais dissuadé de céder à son premier
mouvement de faire arrêter ce buffone insolent
qui amusait les rues de Florence en jouant des fables satiriques et
irrévérencieuses de son invention. Je lui montrai que le peuple semblait apprécier
l’insolence du larron et, qu’au lieu de le courroucer en le privant de ces
petits spectacles malpropres, il était plus sage de lui laisser penser que sa
majesté, soucieuse du bien être de ses sujets, était satisfaite de le voir y
prendre plaisir. Ayant admis que le remède serait pire que le mal et qu’il y
avait plus grande sûreté à ce que la plèbe se divertît au détriment de sa
personne plutôt qu’elle s’en prît à son gouvernement, mon maître laissa donc le
pendard s’adonner à ses farces jusqu’à ce que son public finît par s’en lasser.»
Nicolas Machiavel
(Lettres à Giacomo Martini)
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