Il n’est pas rare que je me réveille tôt, avant sept heures. Je sors alors acheter des viennoiseries. Avant de remonter chez moi, je descends à la chambre d’amour. J’en ai pour cinq minutes à pied. Je m’assois sur le parapet de la plage du surf club face à l’océan. Le jour se lève à son tour et je contemple ce spectacle en croquant un croissant. Au bout d’une demi-heure, je m’en vais. À présent, le quartier s’agite. Les gens partent au bagne à bord de leurs voitures. Ils conduisent vite. Je marche lentement. Moi que nulle obligation ne contraint, je me dis combien il est agréable de regarder ce trafic qui augmente en intensité et en nervosité, non que je prenne plaisir à voir des malheureux s’engouffrer dans une journée de labeur avec son cortège de frustrations, mais je goûte à l’idée que j’échappe à leur sort. Pareille pensée m’est si douce que je me remets au lit sitôt revenu dans ma chambre. En dégustant mon second café, je sens que c’est encore une journée qui commence bien.
mercredi 30 septembre 2020
Savoir bien commencer une journée
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Riem foutar al país
dimanche 27 septembre 2020
mardi 8 septembre 2020
vendredi 4 septembre 2020
vendredi 21 août 2020
Les Belles Pages de Guéthary
Plage de la Côte des Basques, août 2020
— Tu sais que Frédéric Schiffter dédicacera son roman, Jamais la même vague (clic), le vendredi 28 août après-midi, aux Belles Pages de Guéthary?
— Évidemment! Il rencontrera même Frédéric Beigbeder à 18h pour papoter en public de littérature.
— Tu as lu le roman de Schiffter?
— J'en ai même retenu par cœur ce passage: "La nuit avançait. Alice dormait depuis des heures. Boris l’aurait bien imitée, mais le sommeil le boudait. Il posa sur le tapis le dossier Martin/Milán et s’allongea plus confortablement sur le canapé. En face de lui, à peine éclairée par la lueur de la lampe du salon, la bibliothèque étalait les romans qu’il entassait depuis des années remontant au temps du lycée. Si on pouvait le qualifier de conservateur, c’était pour sa manie de garder les livres qu’il avait achetés, et parfois volés, au cours des décennies passées. Il avait devant les yeux les chapitres de son existence qui témoignaient autant de sa passion pour de grands auteurs que de ses toquades pour des littérateurs mineurs. Il lui était difficile de dire combien il possédait d’ouvrages. À vrai dire, peu lui importait leur nombre. Il avait besoin de leur présence. Ils étaient de vieux amis auxquels il tenait. Toutefois, un temps, il leur en voulut. Quand, durant ses années d’études, il eut le désir de se mettre à écrire, il lui sembla que les mânes de Balzac, de Flaubert, de Maupassant, de Proust, ou d’autres, s’échappaient des rayonnages et rôdaient autour de son bureau. Il les entendait ricaner en sourdine de sa prétention à puiser dans le trésor des mots afin de décrire, comme eux, des situations, des paysages, des sentiments, des caractères, des destinées. Peut-être était-ce cette humiliation que ressentait Arnaud, lui qui, depuis des mois, avait laissé en plan son roman. Contrairement à quantité de gens de sa génération qui connurent le folklore contestataire, Boris n’avait jamais cru à l’idée que n’importe quel individu jouissait d’une créativité qui ne demanderait qu’à s’exprimer. Autour de lui des amis, des camarades de faculté, des copains en général, se lancèrent dans l’écriture, d’autres dans la peinture, d’autres, encore, dans la musique. Les plus pressés à vouloir montrer leur génie allèrent à la photographie. Ils lancèrent des revues, participèrent à ce qu’ils appelaient des aventures éditoriales, ouvrirent des galeries, des lieux d’expression, des espaces d’exposition et de concerts. Ils ne manquaient ni d’idées, ni de projets, ni de persévérance. Une euphorie les poussait à partir en guerre contre les vieux schémas. Ils avaient tellement de choses à dire! Dans les années 80, Boris eut une courte histoire avec une fille, Valérie, qui, portée par ce vent de liberté, se mit en tête de se réaliser dans l’art total. Elle écrivait des monologues de théâtre qu’elle allait interpréter au festival off d’Avignon. Pendant qu’elle jouait sur un minuscule praticable aménagé dans une cave, on entendait une musique composée par elle-même sur un synthétiseur et, au lieu de construire un décor, elle avait imaginé de projeter sur la scène — où, souvent, elle se dénudait et dansait — des diapositives de tableaux qu’elle avait peints entre deux phases d’écriture. Quand les caméras vidéo portatives arrivèrent sur le marché, elle vit là l’aubaine d’expérimenter une pratique de l’image qui viendrait s’intégrer dans l’ensemble de sa démarche esthétique et qui l’acheminerait vers le cinéma. Boris aimait bien Valérie, mais il la quitta en lui faisant valoir qu’il serait mieux pour elle de ne plus avoir à ses côtés un type comme lui trop coincé pour apprécier sa subjectivité jaillissante. En attendant, les efforts de tous les petits talents dans le genre de Valérie furent récompensés. Les festivals, les salons, les rencontres, les forums, promus, soutenus et subventionnés par l’État, les régions, les villes, des banques, des entreprises, et conçus pour ameuter des foules friandes d’événements innovants et festifs, finissaient par officialiser les plus opportunistes d’entre ces acteurs culturels et par consacrer leurs créations. Plus Boris compta de néo-artistes dans son milieu, plus son désir d’écrire s’épuisa. Perdu pour la littérature, il se rabattit donc sur les études juridiques et s’en tint à sa qualité d’«honnête homme», continuant à cultiver le goût pour des arts d’autres temps."
— Quelle mémoire! Tu es fan, je vois. J'irai avec toi à Guéthary. Après la séance de dédicace, Frédéric Schiffter nous invitera peut-être à boire un verre au Madrid. Nous prendrons garde à la douceur des choses.
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les feuilles mortes se ramassent à la pelle
dimanche 16 août 2020
Dorothée Janin, conteuse cruelle

Philippe Djian, Frédéric Beigbeder,
Guillaume Farré, Mézigue, Dominique de Saint Pern,
Céline Farré, Dorothée Janin, Isabelle Carré,
Claude Nori, Jean Le Gall.
Photographie: Christophe de Prada
Une bande d’amis, constituée en jury littéraire — Prix de la Maison Rouge de Biarritz —, vient de saluer L’île de Jacob, le roman de Dorothée Janin (Fayard), qui paraîtra le 19 août (CLIC). D’abord, j’en avais trouvé les premières pages floues. Je crus qu’elles ne m’embarqueraient pas. Puis, peu à peu gagné par la force de certaines scènes, j’ai lu le tout en un jour. Dorothée Janin concentre le monde entier dans Christmas Island, les drames intimes et les tragédies planétaires. Elle dépeint les êtres, les paysages, la faune et la flore, à la manière d’une naturaliste, au sens à la fois littéraire et biologique du terme. Tout le vivant, dans ce microcosme à l’agonie, semble voué à un comportement aberrant. Un dauphin qui mord, un tourteau géant qui croque de la ferraille, des fourmis blondes et graciles qui mènent une guerre génocidaire contre des légions de crabes rouges, des réfugiés qu’on «tient retranchés» mais dont on respire la merde dans l’air, des moustiques impitoyables, un junkie, Jacob, en panne de rédemption, un adolescent, le narrateur, tourmenté par le sexe et l’amour — c’est de son âge, mais là, dans cet enfer, il trinque —, une fille de pasteur, Vicky, amatrice d’anatomie et tentée par celle du beau diable (le junkie), de jolies petites garces chinoises racistes, etc. Sauf pour les insectes, vivre là est une punition. Mais il n’y a pas qu’une écriture sobre et précise dans ces pages, il y a aussi une vision du monde ou, ce qui est la même chose, une sensation d’écorchée vive. Cet aphorisme impeccable: «Je me demande si Darwin n’est pas passé à côté d’un gros morceau de l’histoire. Je me demande si la dépression, par exemple, n’est pas une espèce en soi, avec sa propre stratégie d’évolution, sa perfection, sa tension vers la survie. Un prédateur qui se sert du corps humain pour croître et pulluler en le poussant à se détruire, avant de changer d’hôte. Système de vie superposé au nôtre et dont nous serions le cheptel.» Très peu sont les écrivains femmes qui évitent le ridicule des bons sentiments comme la fausse audace du récit trash, mais s’adonnent à ce genre de conte cruel appelé aussi roman d’initiation où non seulement rien n’est enchanté, mais où les personnages déchantent à jamais. Dorothée Janin est donc une conteuse pour les amateurs de raretés romanesques. J'ose penser que leur espèce résiste encore.
vendredi 14 août 2020
Pour un Comité d'éthique artistique
Notre démocratie ne doit pas se contenter de confier l’écriture de l’histoire aux historiens et laisser aux citoyens le soin d’en prendre connaissance par eux-mêmes. Comme bien du mal a été perpétré au cours des âges et qu’on ne peut défaire ce qui a été fait, il faut regarder le passé d’un autre œil, et ce, à travers ce qu’il en reste, à savoir les œuvres d’art, au sens large, des plus anciennes aux plus récentes, et juger si elles peuvent être destinées au public. Des exemples: sachant que la construction des pyramides causa des milliers d’accidents mortels chez les esclaves qui en empilèrent les pierres, que le Colisée fut le théâtre d’atrocités, que Molière fit preuve de sexisme dans Les Précieuses ridicules, que le marquis de Sade fut autant pervers dans ses ouvrages que dans sa vie, que John Ford montra les Indiens sous un jour détestable, que Visconti tourna un film pédophilique avec sa Mort à Venise, etc., sachant, donc, le mépris des anciens rois bâtisseurs pour la vie humaine et les turpitudes que les artistes exhibent dans leurs œuvres (quand ils ne s’y adonnent pas dans leur vie), la décence oblige de ne plus les désigner comme des références culturelles majeures. Pour que l’expression: «Plus jamais ça!» prenne tout son sens, la rigueur exige même qu’on aille jusqu’à effacer les traces matérielles de «ça»: raser les pyramides, le Colisée, mettre au rancart Molière, Sade, Ford, Visconti et tant d’autres artistes offensants. Mais notre démocratie ne doit pas simplement déboulonner la statue du passé, elle doit élever celle de l’avenir, faire en sorte que le Bien supplante le Beau dans le marbre. Il serait temps d’instituer un Comité d’éthique artistique — comme il existe un Comité d’éthique scientifique —, voué à établir une normalité du Respect et de la Compassion dans les domaines de la littérature, des arts plastiques, du théâtre, du cinéma, etc. Pareil Comité, composé de féministes, d’anti-racistes, de personnes connues pour leur sexualité saine, n’aurait pas seulement pour objectif de surveiller le contenu des œuvres pour préserver les citoyens de mauvaises pensées, mais, surtout, de se renseigner sur les mœurs de leurs auteurs — ce qui supposerait l’aide précieuse de la justice. Bien sûr, les beaux esprits ne verraient dans cette salutaire institution qu’un organisme de censure. Laissons-les ricaner et, quand cette commission verra enfin le jour nommons-la SPA: Société Protectrice des Âmes.
dimanche 2 août 2020
Apocalyspe Anglet
C’est vers 20h, le 30 juillet, que je me suis aperçu que la forêt de Chiberta brûlait. On eût dit qu’un B 52 avait largué une bombe au napalm. Je ne vais jamais me balader dans ce coin, préférant flâner en bordure des plages. Mais c’est là, au milieu des grands pins et des genêts que ma chère Arletti habite. Sa maison et son jardin ont été épargnés grâce à une volte-face du vent et au zèle des pompiers. On dirait désormais un îlot de verdure posé dans un champ carbonisé. Arletti déplore le sort affreux que les animaux ont subi. Ils avaient profité du confinement pour s’exprimer et circuler en liberté. Un prédateur sans instinct, obéissant à sa seule force élémentaire, les a anéantis. Depuis des années, tous les jours, une buse variable venant de Chiberta planait au-dessus du parc. C’était sa visite rituelle. À son approche, les autres oiseaux, même les pies, baissaient d'un ton. Dès qu’elle repartait, ce petit monde reprenait les conversations. Je ne la vois plus. Cela m’attriste. Elle manque aussi au ciel.
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lundi 27 juillet 2020
En vacances chez moi
L’ami Carlos Pardo, en villégiature estivale, m’envoie cette photographie prise sur son itinéraire. «Bien sûr, m’écrit-il, je n'ai pas suivi la direction Philosophie indiquée sur le panneau sachant qu’elle aboutit à une impasse.» Carlos est un sage.
Personnellement, cet été, je n’irai nulle part. J’habite dans un endroit où bien des gens feraient des bassesses pour passer des vacances. J’évite la foule dans la journée. Je ne vais à la plage que tôt le matin, vers 8h, ou en début de soirée vers 20h. Je rate le spectacle des jolies en bikini, mais je profite d’un large espace, d'une gigantesque distanciation sociale. À ces deux moments de la journée, le soleil est amical. Entre-temps, je reste chez moi, à l’abri, en compagnie de mes deux ventilateurs au souffle discret mais efficace. Je lis. Je mets la dernière main à mon factum qui paraîtra en novembre. Je dors. Pour parodier mon cher Ecclésiaste, je dirais que, pour moi, il y a un temps pour me baigner et un temps pour me chauffer sur le sable, un temps pour surfer et un temps pour lézarder sur ma terrasse, un temps pour lire et un temps pour m’assoupir, un temps pour écrire et un temps pour rêvasser face au parc, un temps pour faire un tour des plages en Vespa et un temps pour faire la sieste. J’ajoute qu’il n’y a jamais rien de nouveau dans ma vie sous le soleil de la côte basque, mais que pareille routine existentielle me procure un souverain bien qui vaut mieux que la pompeuse béatitude des philosophes. Au moins est-il accessible sans ascèse. La Schiffterina me dit que les dieux me punissent de mon pessimisme en me condamnant à une dolce vita. Je sais qu'elle est dans leur secret et qu'elle me dit la vérité.
samedi 4 juillet 2020
L'à-quoi-bonisme, philosophie indépassable de tous les temps
Chers visiteurs de notre page. Nous vous rappelons que notre édition de L’Ecclésiaste se trouve dans les bonnes librairies de France et, bien sûr, de Biarritz et de Bayonne. On peut aussi commander l'ouvrage directement chez Louise Bottu (clic). En cliquant sur CLAC, on lira la chronique que Roland Jaccard consacre à ce chef-d’œuvre d’à-quoi-bonisme.
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mercredi 1 juillet 2020
Un été sans Antoine Compagnon
Toujours pour les besoins de mon libelle à paraître en novembre, je lis les Souvenirs de Tocqueville qui retracent les tumultes de 1848 dont il fut le témoin direct. Il n’y a pas une page qui ne me fasse penser aux passages de L’Éducation sentimentale, quand Flaubert y décrit les journées de février — ou de juin, j’ai oublié. De Tocqueville j’avais lu, au temps de mes années de flâneries universitaires, De la Démocratie en Amérique. L’ouvrage m’avait grandement intéressé mais j’en avais surtout retiré un grand plaisir de lecture, comme on dit. Tocqueville mêlait avec maestria les genres du récit de voyage, du journal, de l’observation sociologique, de la remarque philosophique. En lisant les Souvenirs, je découvre un satiriste de haute volée. Il y dépeint Lamartine en ambitieux en butte à la bêtise et à la brutalité des factieux, les poussées et les coups de mou de la fièvre révolutionnaire, la grandiloquence des orateurs qui veulent rejouer 1789, l’indécision des prolétaires, les volte-face des gardes nationaux, bref, la tragicomédie du désordre. Aux abonnés de mon blog qui se trouvent en panne de lecture pour la période à venir mais en ont leur claque de passer un été de plus avec Antoine Compagnon, je conseille donc ce livre d’une grande puissance romanesque et politique. En voici un échantillon: «Je fus abordé, au milieu de ce tumulte, par Trélat, révolutionnaire du genre sentimental et rêveur, qui avait conspiré en faveur de la République pendant tout le temps de la monarchie, du reste, médecin de mérite qui dirigeait alors un des principaux hôpitaux de fous de Paris, quoiqu'il fût un peu timbré lui-même. Il me prit les mains avec effusion et, les larmes aux yeux: ”Ah ! monsieur, me dit-il, quel malheur et qu'il est étrange de penser que ce sont des fous, des fous véritables qui ont amené ceci! [Trélat parle de la dissolution de l’Assemblée décrétée par l’extrême-gauche quelques minutes plus tôt] Je les ai tous pratiqués ou traités. Blanqui est un fou, Barbès est un fou, Sobrier est un fou, Huber surtout est un fou, tous fous, monsieur, qui devraient être à ma Salpêtrière et non ici.” Il se serait assurément ajouté lui-même à la liste, s'il se fût aussi bien connu qu'il connaissait ses anciens amis. J'ai toujours pensé que dans les révolutions et surtout dans les révolutions démocratiques, les fous, non pas ceux auxquels on donne ce nom par courtoisie, mais les véritables, ont joué un rôle politique très considérable. Ce qu'il y a de certain, du moins, c'est qu'une demi-folie ne messied pas dans ces temps-là et sert même souvent au succès.» Un livre qui décrotte l'esprit et rafraîchit la mémoire.
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Lire Tocqueville plutôt qu'Antoine Compagnon
dimanche 28 juin 2020
Profession de foi du glandeur balnéaire
Henry Miller
Dimanche d’élections.
Je n’ai pas la tête politique, encore moins le cœur. Dès que je croise un militant, un candidat, un sympathisant, un pétitionnaire, une porteuse de pancarte, un encarmagnolé, un brailleur à mégaphone, je fuis. Les lideurs et les suiveurs m’effraient. Ce ne sont pas mes semblables. Ils transpirent l’ambition et la servilité. Les dieux m’ont privé de ces passions propres aux arrivistes, aux affairistes, aux jobards. Je ne me connais que des inclinations adoucies par la flemme. Elles m’ont conduit à une vie sans «miracle et sans extravagance», selon la formule de mon cher Montaigne, une vie durant laquelle j’ai goûté aux plaisirs des jolies, de la plage, des livres, de l’amitié. À propos d’amitié, je retranscris ici ce propos d’Henry Miller que ma chère Arletti m’a adressé hier: «Ne pas dire un mot de toute une journée, ne pas lire de journal, ne pas écouter la radio, se boucher les oreilles aux commérages, se laisser aller sans retenue à la paresse, être absolument indifférent au sort du monde, voilà la plus belle médecine qu’on puisse s’administrer.» Tout un programme auquel j’adhère en fanatique.
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à bas le peuple,
élections piège à cons,
supériorité de l'ennui
vendredi 19 juin 2020
Spinoza, philosophe pour tristes sires
La joie de Spinoza
en train de se relire
Je n’ai jamais rien retiré de la fréquentation des œuvres de Spinoza. Ni plaisir de lecture, ni profit pour ma jugeote. Passe encore qu’il donne à la nature le sobriquet de Dieu. Mais quand, après un enchaînement d’axiomes, de définitions, de scolies, dans lesquels il rappelle que nous sommes déterminés par nos affects, il annonce in fine que nous pouvons accéder à la sagesse, ce gros morceau intitulé l’Éthique me semble dur à avaler. Or, j’ai toujours été étonné que des amis philosophes puissent en faire leurs délices et en gober les incohérences. En fait de géomètre des passions, Spinoza reste pour moi un as de l’obscurité et de la confusion, surtout un platonicien qui s’ignore — vérité que ne veulent pas voir non plus les spinozistes. Car enfin, quelle est cette figure du sage qui apparaît au livre V de l’Éthique, sinon celle de l’Homme idéal ne pouvant loger ailleurs que dans le monde intelligible de Platon et, son amour intellectuel de Dieu, ni plus ni moins qu’une resucée de la vision bienheureuse du Vrai en soi. On sait que pareil phantasme d’un sage se baladant parmi les mortels sur le petit nuage du Souverain Bien, existait déjà chez Épicure. Hédoniste blasé, l’Ecclésiaste (clic) eût dit à ces deux professeurs de béatitude: «Ne soyez pas plus sages qu’il n’est besoin de peur que vous en deveniez risibles».
mardi 16 juin 2020
Du nouveau sous le soleil
L’Ecclésiaste, publié par les éditions Louise Bottu, vient de paraître. Tout est remarquable dans cet opuscule. Le texte, la préface — de votre serviteur —, la traduction, l’objet lui-même. Il faut le commander toute affaire cessante ici (clic). En prenant connaissance de cette œuvre, il y a quelques années, je me suis dit qu’il frappait de vanité tout autre pensée philosophique. Maintenant, c’est différent, j’en suis convaincu.
mercredi 27 mai 2020
Très bientôt, aux éditions Louise Bottu
cliquer sur l'image pour l'agrandir
« Jour et nuit, jusqu’à en perdre toute quiétude, j’ai appliqué mon esprit à trouver un sens à tout ce qui agite les hommes sous le soleil, et je me suis dit que nul ne peut pénétrer les œuvres de Dieu. Si un sage, comme j’ai désiré l’être, prétend savoir, il ne comprendra jamais rien. »
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