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samedi 27 juillet 2019

Masse et Nuisance


«La foule concentre en nombre et force toutes les tares humaines.»
 Ménécée (clic)

jeudi 1 février 2018

Horreur de la surgé


Sans grand risque de me tromper, je puis affirmer que la directrice des ressources humaines — DRH — est, avant même le prêtre et le policier, l’être le plus méprisable. La raison pour laquelle elle suscite pareille répugnance tient au fait qu’elle incarne LA bonne femme par excellence, soit une femme rongée par la frustration, ayant borné sa vie amoureuse à la procréation, sa vie sentimentale à la famille et qui se revanche de son déficit érotique dans le travail. Rien n’est plus terrifiant que la bonne femme au travail. Car la bonne femme ne travaille pas: elle s’investit dans son travail persuadée que le devenir de l’humanité en dépend. Comme elle représente une forme parfaite de soumission désirée, l’objectif du capitalisme moderne est de faire en sorte que tous les salariés soient mentalement des bonnes femmes. On ne peut donc s’étonner que le patronat, ou tout autre instance de domination, recrute en majorité ses responsables des ressources humaines dans cette catégorie de larbines zélées. La Directrice des Ressources Humaines — DRH — n’inspire pas seulement le dégoût à cause de son rôle d’exécutante des basses œuvres du management, et ce, au nom de la rationalité gestionnaire, mais aussi pour ses opinions et ses goûts. Ses opinions: Il faut l’entendre répéter avec veulerie le discours de ses maîtres selon quoi le code du travail relève d’un archaïsme social, les chômeurs abusent de leurs droits à l’indemnité, les retraités sont des nantis, les fonctionnaires, privilégiés en surnombre, doivent être traités comme les employés du secteur privé — et autres propos d’une bêtise aussi péremptoire. Ses goûts: Appartenant à la classe moyenne-moyenne mordant sur la frontière de la classe moyenne-supérieure, la DRH veut compenser l’indigence livresque de ses diplômes par une culture générale. L’ennui est que, comme elle ignore ce que signifie être une personne cultivée, elle consomme sans discernement des produits de librairie dont l’emballage, totalement mensonger, lui garantit un bon niveau intellectuel. Une inspection rapide de sa bibliothèque révèle la nullité de ses lectures. Là, sur ses étagères en bois lasuré Ikea, ou Bois et Chiffons, elle a rangé les auteurs qui comblent sa curiosité, répondent à ses interrogations, font écho à sa sensibilité de bonne femme. Jean d’Ormesson, David Foenkinos, Delphine de Vigan, etc., pour la littérature, Frédéric Lenoir, Matthieu Ricard, Christophe André, etc., pour la spiritualité et le bien-être. Même si elle se charge de perpétrer la violence patronale, la DRH pense qu’une âme libre loge en elle. Aussi lit-elle Michel Onfray, le cuistre joufflu aux immondes lunettes, dont les ouvrages, conçus pour dispenser d’étudier les philosophes, lui permettront de citer le nom de l’un d’entre eux lors d’une réunion du staff d’encadrement. Au fond, la DRH me rappelle la figure, tant moquée quand j’étais lycéen, de la surveillante générale. Servile, carriériste, inculte, elle est la surgé du libéralisme.




mardi 16 février 2016

Semainier d'un Hors-Service — XXV (extraits)

Dimanche dernier, les critiques de l’émission Le Masque et la Plume ont défendu mon livre à l’exception de l’un d’entre eux qui a cherché à dire combien il ne fallait pas l’aimer parce que, selon lui, j’étais de droite et nietzschéen. L’amusant, est qu’il n’est pas le premier à considérer que je suis de droite, moi qui conserve pour Marx, le philosophe et le pamphlétaire, une admiration intacte. La guerre des classes continue plus que jamais et je reste nostalgique de la violence poétique de Ravachol et de Bonnot. Quant à mon nietzschéisme, ceux qui me lisent savent en quelle estime je tiens le maboul de Sils-Maria.  En réalité, comme souvent avec les types qui m’attaquent, le critique a montré que c’était moins mon bouquin que ma personne même qui lui flanquait de l’urticaire, notamment qu’il n’a pas dû supporter le fait qu’on me trouvait un physique d’acteur de la Nouvelle Vague — compliment qu’avec la meilleure volonté ou la plus mauvaise vue du monde on ne peut lui adresser.  

Dans la même émission, j’ai entendu aussi Michel Crépu qui ne comprenait pas pourquoi je me coiffais du qualificatif de «nihiliste» alors que tout semblait démontrer le contraire dans mon livre. Pourtant ce récit exprime mon nihilisme mieux que mes essais. Par ce terme je n’entends pas une mystique de la mort et de la destruction, ni ce que Nietzsche définissait comme une fatigue de la vie, ni ce que Heidegger assimilait au triomphe de l’arraisonnement technique et marchand du monde, mais, très simplement, comme la vive sensation que tout ce qui existe n’a pas d’être. Je ne dis pas que rien n’existe mais que rien (nihil) n’a d’être, c’est-à-dire de permanence ou de solidité ontologique parce que tout ce qui existe est voué au hasard, au temps et à la mort. Naturellement, de pareille vérité tout le monde est convaincu mais personne n’en veut rien savoir, passant ainsi à côté de ce qui est beau, précieux, rare et prompt à disparaître sans ordre de passage. Compris en cette acception, le nihilisme est une philosophie sentimentale sans illusion et sans espoir, oscillant entre le rire de Démocrite et les larmes d’Héraclite.

Un soleil froid et sec est revenu. Enfin. Les tempêtes ont beau être balnéaires, comme mon nihilisme, je trouve que, quand même, l’hiver, elles manquent de discrétion.


mardi 16 décembre 2014

Définition chic


Photographie: Gilbert Garcin


Imbécile:
Quand un imbécile me parle, le monde se rétrécit.

In Dictionnaire chic de philosophie
(Écriture)


lundi 30 juin 2014

À bas la France, bien sûr


Nous souhaitons bien entendu la défaite de l'équipe de France car nous nous réjouirons alors de la mine consternée de ses supportères, des journalistes sportifs et de tous les imbéciles (les têtes plates de bistrot, et, à présent, de plus en plus de bonnes femmes) qui se passionnent en France pour le foutebale, cette névrose planétaire. Nous ne pourrons cacher non plus notre satisfaction d'entendre ces dysphasiques de joueurs, aussi laids que stupides, trouver des justifications à leur déroute face à des Nègres tout aussi clownesques, n'ayant, quant à eux, rien retenu de la révolte de leurs ancêtres, la reniant même, pour participer à ces jeux du cirque organisés par les maîtres du monde blancs.

dimanche 8 juin 2014

Poésie de la négation


«Vous me demandez si je conçois une opposition de principe à l'égard du racisme. Aucune. Je le trouve simplement trop sélectif. Pourquoi n'aurais-je d'aversion que pour telle ou telle différence, me privant ainsi du salubre dégoût que m'inspire la totalité de mes semblables?»

Docteur William Stein
Lettre du 30 mai 2014