L’autre jour, mon attestation de déplacement dérogatoire en poche, je flânais sur la promenade des plages, allant de la Chambre d’amour à la Madrague. Il faisait frais, mais le soleil me chauffait le dos à travers la toile de ma veste d’officier. Tout en jetant des regards aux vagues de grosse taille auxquelles peu de surfeurs osaient s’attaquer, je réfléchissais à la réception de mon livre, Contre le Peuple. On ne comprendra pas mon propos selon lequel le peuple n’existe pas, me disais-je, tout comme on ne me comprend pas quand j’avance que le monde n’existe pas. De même qu’on refuse de voir que ce qui existe réellement, à savoir le hasard, le temps, la mort, entrave l’avènement d’un monde qui suppose finalité et pérennité, de même refusera-t-on de voir que ce qui existe aussi réellement, à savoir des individus et des groupes sociaux en guerre les uns contre les autres, ne permet pas la formation d’un peuple qui suppose une volonté générale tendue vers des fins communes. Les deux mirages ontologiques du monde et du peuple partagent la même invulnérabilité face à la critique non d’un point de vue intellectuel mais affectif. On peut admettre que l’idée de monde repose sur une téléologie et l’idée de peuple sur une cristallisation, mais à peine aura-t-on donné son assentiment aux arguments qu’on s’empressera de les censurer en raison d’une sensation de danger de perte imminente. Il est rare qu’un raisonnement produise la fin d’une illusion. Au contraire, il la renforce. Concernant la notion de peuple, les esprits qui prétendent défendre les intérêts de cette chimère, je pense notamment à bon nombre d’intellectuels «engagés», auraient trop à perdre s’ils cessaient d’y croire. Car, bien sûr, ce n’est pas la cause dudit peuple qu’ils défendent, mais la leur. Le militantisme distrait de l’ennui et console les déboires. En se portant solidaire du malaise social des classes inférieures — nommées avec démagogie le «peuple» — on s’imagine donner un peu d’allure à ses petites misères personnelles. L’idéal de la cause du peuple appartient aux illusions vitales dont parlait Nietzsche grâce auxquelles on pare son ressentiment propre et son activisme gesticulatoire d’un sens social, politique, historique. Le peuple n’existe pas mais son idée est pathologiquement indestructible me disais-je en apercevant deux jolies qui s’étaient dénudées pour plonger dans la vague du bord. Instantanément, je ne pensai plus à mon factum et enviai l’océan.
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lundi 23 novembre 2020
De l'indestructibilité des mirages ontologiques et politiques
vendredi 16 septembre 2016
Incipit sans suite — 11
En flânant sur le promenoir de la Grande plage, je
regardais la mer et je remarquai une surfeuse en bikini, mince comme une biche, faisant des cabrioles sur des vagues irrégulières.
lundi 29 août 2016
jeudi 4 août 2016
Incipit sans suite — 3
Je l’avais à peine abordée sur la plage surchauffée que je devinai dans sa gaieté l’expression d’un caractère indomptable.
vendredi 1 mai 2015
Aspect narcissique et reposant du nihilisme balnéaire
«Toi
aussi quitte à la première occasion le vacarme, l’affairement dans le vide, ton
boulot sans aucun intérêt, et consacre-toi au repos studieux. Comme le dit avec
finesse ce cher Atilius: mieux vaut être oisif que de s’agiter à ne rien
faire !».
Pline Le Jeune
samedi 17 mai 2014
Claudia per sempre
Vient de paraître
"[…] La folie des starlettes était de s’imaginer
qu’elles méritaient une existence plus belle que celle que le hasard leur avait
assignée — comme s’il y avait eu erreur de distribution. Il y a des bovarysmes
moins touchants. Alors que nombre de filles de leur génération aspiraient à
épouser un médecin ou un ingénieur et à devenir des femmes rangées, elles, naïves
et provocantes, désiraient mettre de la poésie dans leur vie en la confiant à
des magiciens de l’image fussent-ils les plus fantasques, les plus maniaques,
les plus tyranniques. François Truffaut estimait qu’on ne pouvait pas donner de
rôle, même secondaire, à l’un de ces petits modèles pour magazines de charme ou
de mode enfermé dans un unique registre. Si on proposait à une starlette
d’interpréter une secrétaire ou une jeune mère de famille, elle resterait figée
sur l’écran avec ses tics et réflexes de
poseuse. On n’engage pas comme actrice une simili actrice. «Le travail d’un
metteur en scène consiste à faire faire des jolies choses à de jolies filles »,
disait pourtant Truffaut. Sans doute les starlettes ignoraient-elles cette
formule du cinéaste, mais elle exprimait leur espoir […].
Éloge de la starlette
samedi 15 mars 2014
vendredi 7 février 2014
Augustinisme balnéaire
«Combien de fois, mon Dieu, mîtes-vous mon âme à l’épreuve en plaçant de gracieuses créatures sur le chemin qui la menait à
Vous. Combien de fois y ai-je vu non pas une exhortation à résister à la concupiscence, mais à y
succomber. En me perdant, je me disais que c’était par tant de séduction que se
manifestait aussi Votre gloire créatrice.»
Saint Augustin
lundi 3 septembre 2012
Claude Nori à la Maison Européenne de la Photographie
Claude Nori
"Le cinéma c'est l'art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes", disait François
Truffaut. Claude Nori dit quant à lui que les jolies filles ont l’art de lui faire faire de belles photos. Surtout l’été. Car l’été c’est leur saison, aux
jolies filles. Elles en profitent. Elles posent sur la plage
afin que les hommes les photographient du regard. Claude Nori, lui, les photographie
tout court. Il les veut jolies à jamais. Il ne leur demande pas la permission.
Elles le laissent faire. Elles voient que ce n’est pas un dragueur, qu’il est juste
amoureux d’elles et qu’elles le rendent heureux. C’est ce qui lui fait dire
toujours quand nous nous baladons sur le sable : « Tu t’imagines,
Federico ? Une plage sans jolies filles ? Ce serait un orrore assoluto !»
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mercredi 15 août 2012
Our cute hooligan sisters


Certes, nous avons des divergences musicales
marquées, mais nous partageons l'essentiel: les plaisirs de
blasphémer et de conchier le tyran. Aussi sommes-nous de tout cœur avec ces
courageuses tigresses persécutées par un porc botoxé et un ramassis de
gros-lards ensoutanés crasseux, ignares et misogynes.
vendredi 25 mai 2012
Aspect glissant, narcissique et aujourd'hui radiodiffusé du nihilisme balnéaire
Aujourd'hui, à 17 h, dans l'émission Sur la route de France Culture, on pourra faire la connaissance de Lee Ann Curren, fille jolie comme tout d'un grand styliste de la glisse houleuse et, éventuellement, écouter divaguer le tôlier de ce blogue, longboarder sans qualités.
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vendredi 27 avril 2012
dimanche 12 février 2012
Une pensée de Mademoiselle A.V.R rien que pour moi
Audrey Hepburn, Fred Astaire, Funny face de Stanley Donen...
Une exquise philosophe, flânant chaque jour sur les ondes radiophoniques, me fait parvenir à l'instant cette photographie. J'imagine la mine déconfite de ses fans — dont je suis — et m'en réjouis.
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vendredi 3 février 2012
Femmes anti-bonnes-femmes — 1
Belinda Baggs, la Cyd Charisse du longboard
« Le premier qui a appelé la femme le ”beau sexe” a peut-être voulu faire une plaisanterie, mais il est tombé plus juste qu’il n’a cru le faire lui-même. »
Emmanuel Kant
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dimanche 14 août 2011
Éros et civilisation — 4
"Quelle bonne idée de rééditer Sur le Blabla et le Chichi des Philosophes de Frédéric Schiffter. Dommage qu'il ne paraisse que le 5 octobre. J'en aurais offert un exemplaire dédicacé par l'auteur à chacune de mes amies, toutes aussi sexy les unes que le autres, qui aiment Biarritz, qui sont passionnées de surf et tellement séduites par le nihilisme balnéaire..."
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vendredi 29 juillet 2011
Les bonnes femmes — 8.
« Quand elles ne savent plus quoi faire, elles se déshabillent, et c'est sans doute ce qu'elles ont de mieux à faire. »
Samuel Beckett
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