Il n’est pas rare que je me réveille tôt, avant sept heures. Je sors alors acheter des viennoiseries. Avant de remonter chez moi, je descends à la chambre d’amour. J’en ai pour cinq minutes à pied. Je m’assois sur le parapet de la plage du surf club face à l’océan. Le jour se lève à son tour et je contemple ce spectacle en croquant un croissant. Au bout d’une demi-heure, je m’en vais. À présent, le quartier s’agite. Les gens partent au bagne à bord de leurs voitures. Ils conduisent vite. Je marche lentement. Moi que nulle obligation ne contraint, je me dis combien il est agréable de regarder ce trafic qui augmente en intensité et en nervosité, non que je prenne plaisir à voir des malheureux s’engouffrer dans une journée de labeur avec son cortège de frustrations, mais je goûte à l’idée que j’échappe à leur sort. Pareille pensée m’est si douce que je me remets au lit sitôt revenu dans ma chambre. En dégustant mon second café, je sens que c’est encore une journée qui commence bien.
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mercredi 30 septembre 2020
Savoir bien commencer une journée
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lundi 27 juillet 2020
En vacances chez moi
L’ami Carlos Pardo, en villégiature estivale, m’envoie cette photographie prise sur son itinéraire. «Bien sûr, m’écrit-il, je n'ai pas suivi la direction Philosophie indiquée sur le panneau sachant qu’elle aboutit à une impasse.» Carlos est un sage.
Personnellement, cet été, je n’irai nulle part. J’habite dans un endroit où bien des gens feraient des bassesses pour passer des vacances. J’évite la foule dans la journée. Je ne vais à la plage que tôt le matin, vers 8h, ou en début de soirée vers 20h. Je rate le spectacle des jolies en bikini, mais je profite d’un large espace, d'une gigantesque distanciation sociale. À ces deux moments de la journée, le soleil est amical. Entre-temps, je reste chez moi, à l’abri, en compagnie de mes deux ventilateurs au souffle discret mais efficace. Je lis. Je mets la dernière main à mon factum qui paraîtra en novembre. Je dors. Pour parodier mon cher Ecclésiaste, je dirais que, pour moi, il y a un temps pour me baigner et un temps pour me chauffer sur le sable, un temps pour surfer et un temps pour lézarder sur ma terrasse, un temps pour lire et un temps pour m’assoupir, un temps pour écrire et un temps pour rêvasser face au parc, un temps pour faire un tour des plages en Vespa et un temps pour faire la sieste. J’ajoute qu’il n’y a jamais rien de nouveau dans ma vie sous le soleil de la côte basque, mais que pareille routine existentielle me procure un souverain bien qui vaut mieux que la pompeuse béatitude des philosophes. Au moins est-il accessible sans ascèse. La Schiffterina me dit que les dieux me punissent de mon pessimisme en me condamnant à une dolce vita. Je sais qu'elle est dans leur secret et qu'elle me dit la vérité.
vendredi 1 mai 2015
Aspect narcissique et reposant du nihilisme balnéaire
«Toi
aussi quitte à la première occasion le vacarme, l’affairement dans le vide, ton
boulot sans aucun intérêt, et consacre-toi au repos studieux. Comme le dit avec
finesse ce cher Atilius: mieux vaut être oisif que de s’agiter à ne rien
faire !».
Pline Le Jeune
lundi 11 août 2014
De la méditation à l'ombre
Photographie Claude Nori
«De toutes les
calomnies la pire est celle qui vise notre paresse, qui en conteste
l'authenticité.»
Cioran
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vendredi 9 mai 2014
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