
En traînant, hier, à la Barre, je songeais que je délaissais mon blog. Devais-je le reprendre? Depuis son ouverture, il a été visité par plus d’un million de personnes. Sous mes billets, j’avais droit à des commentaires aimables et intelligents et, bien sûr, à des mots fielleux et stupides. En longeant l’Adour, je me suis dit qu’il serait peut-être intéressant pour moi de renouer avec cette sorte de diarisme, même si je mesure la vanité de l’exercice. Tenir un blog n’a jamais répondu pour moi au désir d’adresser des messages à mes contemporains. Je ne suis pas un intellectuel — donneur de leçons, lanceur d’alertes, pétitionnaire compulsif. Je ne suis pas davantage un philosophe. Je ne fabrique pas des concepts, je bricole pour me divertir des notions à partir de mes humeurs. Peu me chaut d’être un de ces «influenceurs» qui visent un public de pauvres d’esprit. Avec mes quelques lecteurs, je ne cherche comme dirait mon cher Saint-Évremond, qu’à entretenir un «amical et honnête trafic». La fin sera-t-elle atteinte? Tant mieux. Sera-t-elle manquée? Tant mieux aussi — je rangerai sans regret cette page dans le grand tiroir de mes velléités.