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jeudi 20 octobre 2022

Amertume


En traînant au-dessus de la Chambre d'amour, l'autre soir, j'avais en moi un goût amer tandis que je méditais sur le sentiment qui attache un être à un autre. Une considération de Benjamin Constant m'est revenue: «Il y a entre les autres et soi une barrière invisible. L'illusion seule de la jeunesse peut croire à la possibilité de la voir disparaître. Elle se relève toujours.» Je me demandais si j'avais été jeune...

 


 

lundi 26 septembre 2022

En traînant ... — 1



En traînant, hier, à la Barre, je songeais que je délaissais mon blog. Devais-je le reprendre? Depuis son ouverture, il a été visité par plus d’un million de personnes. Sous mes billets, j’avais droit à des commentaires aimables et intelligents et, bien sûr, à des mots fielleux et stupides. En longeant l’Adour, je me suis dit qu’il serait peut-être intéressant pour moi de renouer avec cette sorte de diarisme, même si je mesure la vanité de l’exercice. Tenir un blog n’a jamais répondu pour moi au désir d’adresser des messages à mes contemporains. Je ne suis pas un intellectuel — donneur de leçons, lanceur d’alertes, pétitionnaire compulsif. Je ne suis pas davantage un philosophe. Je ne fabrique pas des concepts, je bricole pour me divertir des notions à partir de mes humeurs. Peu me chaut d’être un de ces «influenceurs» qui visent un public de pauvres d’esprit. Avec mes quelques lecteurs, je ne cherche comme dirait mon cher Saint-Évremond, qu’à entretenir un «amical et honnête trafic». La fin sera-t-elle atteinte? Tant mieux. Sera-t-elle manquée? Tant mieux aussi — je rangerai sans regret cette page dans le grand tiroir de mes velléités.