Entre des travaux mercenaires pour
le compte de Philosophie Magazine et
du Nouvel Obs qui m’ont tous deux recruté
afin d’écrire des articles sur Montaigne — devenu depuis quelques étés un
penseur pour juilletistes et aoûtiens —, entre ces travaux, donc, et mon séjour
sur la Costa Brava, j’ai négligé mon blogue — ce qui n’a aucune importance. Je
préfère lire. En ce moment, un livre me ravit. Il s’agit de Je ne renie rien(Stock), une série
d’entretiens que Françoise Sagan donna à divers chroniqueurs littéraires au
long des années 1956-1992. J’ai sans doute tout lu d’elle. Ses romans, ses
pièces de théâtre, ses essais. Là, dans ce recueil, chaque page est un régal
d’humour et de philosophie simple — la seule qui vaille pour avoir été inspirée
par des lectures, des rencontres décisives, des accidents de voiture, des
semaines d’hôpital et des chagrins d’amour. Je contresignerais tous les propos
de Sagan ou ses formules. Celle-ci, par exemple: «Ceux qui
peuvent regarder la vie sans peur me font peur», ou celle-là, si
savoureuse sur les lèvres d’une jusqu’au-boutiste de la mélancolie : «J’aime
beaucoup la vie, nous avons des flirts très poussés». Et dire que quantité de
pédants lui ont préféré Margueritte Duras… Pour oublier cette bonne femme de lettres,
dégustons un autre aphorisme de Françoise: «Je me conçois plus
insouciante que futile et, d’ailleurs, je préfère passer pour quelqu’un de
futile que pour une intellectuelle résolue.»
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samedi 19 juillet 2014
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