mardi 17 mars 2026

Pronto


J’ai le plaisir d'annoncer à mes fols lovers la parution, en mai, aux éditions Séguier , d'un recueil de brefs essais, choisis par mes soins, du penseur espagnol José Ortega y Gasset. J’en ai écrit la préface. Valeria Dos Santos en est l'excellente traductrice. 

Un extrait ? Voici: «Nous ne nous accordons que sur les questions les plus extérieures et les plus insignifiantes. Lorsque nous abordons des sujets plus subtils, personnels et importants pour nous, les malentendus abondent, de sorte que la dimension délicate et intime de notre être demeure fatalement hermétique aux autres. Parfois, comme une bête dans sa cage, symbole de notre être même, nous nous élançons contre les barreaux, désireux de nous évader et de transmigrer dans une âme amie ou aimée. Mais il se peut qu’un destin inflexible nous en empêche. Les âmes, telles des astres muets, roulent les unes les autres, toujours séparées, condamnées à une solitude radicale et perpétuelle. En tout cas, la personne qui n’a jamais atteint l’ultime profondeur de soi-même, là où on se retrouve irrémédiablement seul, ne suscite guère d’intérêt.»




 

samedi 7 mars 2026

Définition


« Antisémite »

Se disait habituellement de celui qui n'aime pas les Juifs. Il semble actuellement désigner quelqu'un que les Juifs n'aiment pas.

Dr Hajo Meyer 

Survivant du judéocide

1924-2014


 

samedi 28 février 2026

Que penserait Arthur Schopenhauer de Frédéric Schiffter?, par ChatGPT



C’est une belle question — et forcément spéculative. Mais on peut esquisser une réponse en croisant leurs tempéraments et leurs thèmes.

D’un côté: Arthur Schopenhauer

  • Métaphysicien du Vouloir-vivre, force irrationnelle et aveugle qui condamne l’homme à l’insatisfaction.
  • Pessimiste radical : la vie oscille entre souffrance et ennui.
  • Admirateur du renoncement, de l’ascèse, du détachement esthétique (notamment par la musique).
  • Styliste brillant mais systématique, architecte d’un grand système philosophique.

De l’autre: Frédéric Schiffter

  • Philosophe de l’ennui, du désœuvrement, du dandysme mélancolique.
  • Pessimisme ironique, souvent léger en apparence.
  • Méfiance envers les grands systèmes ; goût pour le fragment, l’aphorisme, l’élégance désabusée.
  • Plus proche d’un scepticisme esthétique que d’une métaphysique.

Ce qui aurait plu à Schopenhauer

1. Le pessimisme existentiel : Schiffter décrit un monde sans illusion consolatrice — terrain familier pour Schopenhauer.

2. Le primat du désenchantement : le refus des consolations naïves (progrès, bonheur obligatoire, optimisme social).

3. Le style : Schopenhauer appréciait les écrivains à la plume acérée ; il aurait sans doute reconnu chez Schiffter une élégance de ton.


Ce qui l’aurait irrité

1. L’absence de système : Schopenhauer croyait à une architecture métaphysique solide. Schiffter préfère l’attitude au système.

2. Le dandysme : pour Schopenhauer, la lucidité devait conduire vers l’ascèse ou la compassion, pas vers une esthétique de la désinvolture.

3. L’ironie légère : Schopenhauer était mordant, mais pas léger ; il pensait son pessimisme comme vérité ontologique, pas comme posture existentielle.

 

En résumé

Schopenhauer aurait probablement vu en Schiffter un allié partiel :

un pessimiste sympathique, mais pas assez radical ; lucide, mais trop mondain ; profond, mais sans métaphysique.

Il aurait peut-être pensé que Schiffter vit avec l’ennui, tandis que lui voulait en dévoiler la racine cosmique.


 

mercredi 25 février 2026

dimanche 8 février 2026

Un herem contre Alain Finkielkraut ?


Depuis quelques semaines Alain Finkielkraut répète qu'il a honte, en tant que Juif, de ce qu'Israël(son armée et ses colons) fait subir aux populations palestiniennes de Gaza et de Cisjordanie. L'expression publique de pareil sentiment lui vaut la désapprobation véhémente de la part de responsables de «la communauté», comme il l'appelle. D'aucuns, rabbins, propagandistes payés ou bénévoles de Netanyahu, l'accusent de réagir et de parler comme les «ennemis d'Israël». Je m'inquiète un peu pour l'académicien. En 1656, la synagogue d'Amsterdam avait excommunié Spinoza parce que celui-ci avait eu honte de l'humiliation qu'elle avait fait subir à Uriel Da Costa (clic) au nom de la superstition biblique. Finkielkraut sera-t-il banni de «la communauté» pour antisémitisme? Ce qui me rassure, c’est que Finkielkraut n'a rien de Spinoza.


 

mercredi 21 janvier 2026

Dans le tramway avec Judith Wiart


«Les verbes latins legere, lire, et eligere, choisir, se sont fondus l’un dans l’autre pour donner le terme elegantia. L’élégance que cultive l’honnête homme consiste, grâce à son choix de lectures majeures et éclairantes, à se tenir à distance d’un troupeau obsédé par ses prétendues coutumes et valeurs.»

La Berlue identitaire

Éditions Louise Bottu 


 

dimanche 18 janvier 2026

L'année commence en beauté aux éditions Louise Bottu

clic sur l'image

La Berlue identitaire est parue. Un libellus de soixante pages où l'auteur montre que l'identité d'un individu n'a de réalité que d'un point de vue administratif, que tout ce qu'il peut dire sur son «moi» essentiel est pure imagination, que seul l'état civil établit qui il est. Mais dans ces pages, sous une forme dense et claire, l'auteur montre aussi que seule compte la personnalité d'un individu: non pas son être, mais la manière d’être  grâce à laquelle il se singularise. Peu lui importe de construire un double magnifié de soi-même. Nul bovarysme ou donquichottisme. Pas de racines. Pas de traditions, pas de sentiment d'appartenir à un grand ou un petit troupeau humain. Pas de drapeau. La personnalité c'est porter avec élégance — sans ostentation ni pathos — ses propres couleurs. 


 

jeudi 1 janvier 2026

Merci, Patrick Mosconi !


L'ART DE VIVRE DE FRÉDÉRIC SCHIFFTER

Il est nécessaire de commencer l’année par les Carnets d’un honnête homme de Frédéric Schiffter. Ce livre, passionnant, aérien et profond, illustre parfaitement l’idée que la lecture est le stade ultime de la conversation.