jeudi 13 novembre 2014

Dico-chico par-ci, dico-chico par-là...

BOOKSTORE 
27 Place Clémenceau Biarritz


Aurélia, Inès et Kristel, les charmantes demoiselles du Bookstore, nous accueilleront dans leur belle librairie le samedi 15 novembre à 17h. Nous aurons le plaisir d’y dédicacer notre Dictionnaire chic de philosophie (Écriture) et nous signerons même un nombre limité d’exemplaires du nom de notre nègre. Doudounes interdites. Familles nombreuses s’abstenir.  


mercredi 1 octobre 2014

Berthet et Sade, mes amis d'insomnies


Jérôme Leroy
auteur de 

L'Ange gardien
(Série Noire)


Depuis trois semaines, je suis la proie d’insomnies. Réveillé chaque nuit vers quatre heures, je passe le reste de la journée dans un état qui oscille entre l’anxiété et l’écœurement. Dès la fin des vacances, je me suis retrouvé dans un cauchemar courtelinesque. Au lecteur de passage, je ne ferai pas l'injure de rappeler que Georges Courteline excellait à railler les turpitudes administratives qui empoisonnent la vie d’un paisible citoyen. On m’objectera que Courteline n’est pas Kafka; que s’il n’y a rien d’agréable à se retrouver dans Messieurs les ronds-de-cuir, cela reste préférable à une immersion dans Le Procès. Sans doute. Mais rien n’est plus redoutable que la capacité de nuisance d’une bureaucratie. Il y a dans Courteline un fonctionnaire dénommé Ratcuit qui applique jusqu’à l’absurde le règlement. Dans mon cas, ce sont des Ratcuit  qui me forcent à leur rappeler la règle qui les oblige envers moi. Me voilà donc courtelinisé au point d’en perdre le sommeil. Le bon côté de la nuit blanche, est que l’on trouve toujours un ou deux amis pour échanger. Non pas de vive voix, mais dans une conversation silencieuse en harmonie avec l’heure: la lecture. Cette nuit, j’ai passé un bon moment avec Berthet, le héros de L’Ange gardien de Jérôme Leroy (Série Noire). Un tueur au service de la raison d’Etat, nostalgique du monde d’avant et lecteur des poètes. Au début de chaque chapitre, on veut tuer Berthet ce qui est une mauvaise idée, mais surtout une faute de goût. Berthet est un homme cultivé doté d’une âme mélancolique. Je lui donnerais volontiers toutes mes économies pour qu’il liquide les Ratcuit qui s’acharnent à miner mes nerfs. Une fois le contrat honoré, je l’inviterais à une bonne table afin qu’il me parlât de Michaux ou de Toulet. Après, qui sait, d'une balle de Sig-Sauer P220 tirée dans la tête, il me ferait basculer in the big sleep. Je goûte aussi à une autre compagnie nocturne, le marquis de Sade, avec qui, grâce à Gilbert Lely, je fais plus ample connaissance. Sade, un charmant méchant homme, le seul écrivain qui eut affaire à deux polices, l’une des mœurs, l’autre de la pensée — la plus bête et la plus violente des deux n’étant pas celle à laquelle on pense. Finalement, ma santé dût-elle souffrir de carences de repos, je me réjouis de ces rendez-vous discrets, avant l’aube, avec un tueur et un pervers. 


vendredi 26 septembre 2014

On savoure les définitions toxiques du Dictionnaire chic de philosophie


«Le mot chic n’est pas défini dans le dictionnaire de Frédéric Schiffter, mais on suppose que, pour l’auteur, il signifie l’absence de solennité pontifiante. Ici, le classement alphabétique est donc un moyen de fuir l’exhaustivité et de mélanger les genres, qui vont du souvenir de jeunesse au commentaire de l’actualité, en passant par quelques polémiques, agacements et phobies déclarées. Mais comme le dandysme consiste à échapper au dandysme, on y trouvera aussi quelques concepts solides, dont le blabla (discours servant à édulcorer le réel), le chichi (attitude consistant à ne pas percevoir le réel ou à le discréditer du fait de sa cruauté), le gnangnan (indignation mêlée de sensiblerie) et le riquiqui (à la définition encore en suspens). Schiffter sait trouver dans l’égotisme littéraire le contrepoison à la pesanteur du philosophe et dans la rigueur de la philosophie le remède à la pose béate du littérateur. Parfois, les poisons s’accumulent au lieu de s’annuler, ce qui ne nuit pas au plaisir sournois du lecteur.»
Philippe Garnier Philosophie Magazine (octobre 2014)


mercredi 24 septembre 2014

Dès aujourd'hui, offrez-vous notre Dictionnaire chic de philosophie !


«Schiffter […] publie un Dictionnaire chic de philosophie mais il n’est pas philosophe au sens où l’entendent les amateurs des guides de la life utile en dix leçons, ”si je n’avais plus qu’une heure à vivre”. Schiffter n’a plus qu’une seconde à vivre, et cette seconde se prolonge d’heure en heure, au bord de l’océan. Il ne propose rien pour soigner quiconque. Frédéric Schiffter ne sert à rien, mais est-il pour autant inutile?[…]Si nous picorons, comme des tapas, les lamentations vaines et superficielles, frivoles et frimeuses de Frédéric Schiffter, il est possible que nous retrouvions le sourire en comprenant que même notre suicide serait absurde et c’est alors que, foutu pour foutu, nous acceptons notre apocalypse avec décontraction et style.»
Frédéric Beigbeder (Préface)


vendredi 19 septembre 2014

En librairie le 24 septembre


Ananthrope :
Terme que j’ai inventé pour moi. Formé à partir du grec anthropos, qui désigne l’homme et an — préfixe qui exprime une négation. De même qu’il ne croit pas en Dieu, l’ananthrope, est un homme qui ne croit pas en l’homme — au contraire de bon nombre d’athées.  


samedi 6 septembre 2014

Courte adresse du Marquis de Sade à Michel Onfray, commissaire du peuple chargé de propager la pensée de la gentillesse




«Ma façon de penser, dites-vous, ne peut être approuvée. Eh, que m'importe! Bien fou est celui qui adopte une façon de penser pour les autres! Ma façon de penser est le fruit de mes réflexions; elle tient à mon existence, à mon organisation. Je ne suis pas le maître de la changer; je le serais, que je ne le ferais pas. Cette façon de penser que vous blâmez fait l'unique consolation de ma vie; elle allège toutes mes peines en prison et j'y tiens plus qu'à la vie. Ce n'est point ma façon de penser qui a fait mon malheur, c'est celle des autres.»

D. A. F. de Sade (Novembre 1783)