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samedi 15 octobre 2016

Patrick Corneau ou Monsieur Riquiqui


(Cliquer sur l'illustration pour l'agrandir)

Cher Patrick Corneau,
Pourquoi aime-t-on un écrivain? D’après Baudelaire, parce qu’on pense y trouver un «semblable, un frère». Sans doute fut-ce votre cas avec moi, vous qui, durant des années sur votre blog, sans parler de vos courriels privés, me témoignâtes votre admiration. Les captures d’écran ci-dessous ne rappellent-elles pas cette forme d’amour du disciple pour son maître, son désir de l’imiter comme un modèle? Mais, voilà. Depuis quelque temps, l’adorateur s’est renfrogné et, à la première occasion, vous vous fendez de commentaires fielleux sur mon compte. Quelle a pu être la cause de ce désamour? Un complexe d’infériorité? Le sentiment que je vous avais volé des qualités dont vous êtes privé? Ma froideur polie à l’égard des louanges que vous m’adressiez? Tout cela, sans doute… Des passions, que j'appelle le riquiqui, qui doivent secrètement vous faire honte. Alors, pourquoi cette lettre ouverte et illustrée? Je répondrai avec Marx: «Pour rendre la honte encore plus honteuse en la livrant à la publicité».
Navré pour vous,
F. S.





jeudi 22 mai 2014

Claudia per sempre ancora


La Fille à la valise - Bande annonce Vost FR par _Caprice_


Claude Nori et votre serviteur vous invitent samedi prochain 24 mai à 19h50 au Cinéma Le Royal de Biarritz, à assister à la projection du très beau film de Valerio Zurlini La Fille à la valise (1961) avec la divine Cardinale à l’occasion de la publication de Dolce Claudia — aux éditions Contrejour.

mardi 21 janvier 2014

Causerie


«[…]Je suis né en 1956 — l'année où Cioran publie La Tentation d’exister. Une croyance africaine prétend que naître c’est remplacer un mort. De qui, alors, sommes-nous le successeur ou le succédané? Impossible de le savoir. Tout au long de notre vie, les mânes d’un être inconnu collent à notre carcasse. Elles ne se détachent de nous que lorsque nous mourons et sans doute ne s’anéantissent-elles qu’à ce moment-là. Je ne saurais dire si je portais un fantôme en moi en venant au monde. En revanche, celui de mon père me hante depuis plus de quarante ans. Il a disparu de ma vie quand j’avais neuf ans — corps et âme. J’ai derrière moi un demi siècle de tristesse, ce qui représente une honnête carrière de philosophe sentimental […]».
In Le Charme des penseurs tristes  


dimanche 1 septembre 2013

Schiffter à la plage



Le charme des penseurs tristes... Elle est belle la couverture de ce livre. C'est un roman?
— Tu me lis la quatrième de couverture?
"Les penseurs tristes contemplent notre condition à travers les loupes de leurs larmes. Leur lucidité ne nous rend pas plus heureux. Comme elle s’exprime avec élégance, elle invite notre intelligence et notre sensibilité au plaisir de flirter entre elles. Elle nous rend le sourire. Nous sommes sous le charme."
— Il me paraît bien sentimental, ton philosophe. 
— Comme tous les vrais nihilistes. 
— Qui sont les penseurs dont il parle?
— Socrate, l'Ecclésiaste, La Rochefoucauld, Madame du Deffand, Albert Caraco... D'autres,encore.   
— Hé!, mais c'est un antidote contre le concon philosophique, ce bouquin! Je crois que je vais te le voler! 

  


lundi 29 octobre 2012

jeudi 25 octobre 2012

Bonne nouvelle, mauvaise nouvelle



Librairie Bookstore de Biarritz
(photographie prise du divan)

Nous avons deux nouvelles à annoncer aux abonnés de notre blogue — bonnes ou mauvaises, comme ils voudront les interpréter. 

Demain, vendredi 26 octobre, à Bordeaux, sur le coup de 18h30, sous les belles voûtes en pierre de la librairie La Machine à lire, nous persisterons à soutenir publiquement que si les jolies filles affolent le désir masculin, les belles femmes, elles, l'anesthésient; à souligner que la sensibilité n'est en rien la faculté au monde la mieux partagée; à confesser que le cinéma de notre adolescence offrit à notre ennui ses plus passionnantes récréations et contribua en grande part à notre éducation sentimentale; à expliquer en quoi les œuvres d'art nous ont invité à des dépaysements métaphysiques et, en même temps, ont avivé notre lucidité sur la réalité; à reprendre, dès lors, l'idée de notre cher Oscar Wilde selon quoi c'est bien la vie qui imite l'art et non l'inverse; à répéter que le prétendu art contemporain n'est qu'un attrape-jobards, et, enfin, à déplorer qu'il ne nous reste plus que la nostalgie des émois esthétiques de notre jeunesse.

Non seulement nous persisterons à dire tout cela, mais nous signerons aussi notre ouvrage à l'attention de nos lectrices et lecteurs nouveaux, occasionnels ou fidèles.

Le lendemain, samedi 27 octobre, ce sera cette fois à Biarritz, à partir de 16h30, que nous dédicacerons La Beauté au premier étage du Bookstore, l'élégante librairie tenue par Kristel et Inès, courageuses et souriantes amies des livres. 

dimanche 9 septembre 2012

Philosophie sous parasol



Séance de lecture publique sur la plage de Guéthary
 samedi 8 septembre 2012
Photographie de Claude Nori

"La moindre obligation sociale me lasse avant même que j’y sacrifie et m’irrite si elle s’éternise. À peine suis-je en société que le vide me manque. Rien ne m’est plus insupportable que la présence de bonshommes et de bonnes femmes pétant d’optimisme et embesognés à 'avancer dans la vie' alors que, au bout de leur trajectoire, leur tombe, déjà ouverte, les attend. Tout devient prétexte à les fuir et, pour me soustraire à l’effervescence générale, à multiplier les pauses: pause amour, pause rêverie, pause sieste, pause soleil, et, au cours de ses pauses, encore des pauses où je tente d’atteindre à la totale immobilité. Si bien que, mises bout à bout, toutes ces pauses finissent par conférer à ma vie un air de dolce vita qui n’a rien à envier à la vie bonne prônée par les philosophes et les poètes antiques." 


In Philosophie sentimentale
(Éditions J'ai lu)

lundi 13 août 2012

Aspect glissant et incorrigiblement sentimental du nihilisme balnéaire





Session du lundi 13 août 2012 
(spot de l'Hôtel du Palais)


Trois Françoise auront compté pour moi.
Françoise Hardy, qui tant de fois m’a adressé son Message personnel.
Françoise Sagan, dont chaque roman me souriait avec tristesse.
Françoise, enfin, mon professeur de surf, si stylée sur son mini malibu en maillot blanc deux-pièces, le visage hâlé par l’astre de la mélancolie.

In Traité du Cafard
(Finitude)


dimanche 22 juillet 2012

Amitié, littérature et bikinisme

Photographie de Claude Nori

  Vous voyez mes pieds?
  Oui.
  Vous les aimez?
  Oui.
  Et mes chevilles ? Vous aimez mes chevilles?
  Oui.
  Et mes jambes. Elles vous plaisent?
  Oui.
  Et Arnaud Le Guern, l’obsédé amoureux de la Princesse Mimosa, de Miss K. et des actrices des séventiz, vous le connaissez ?
  J’ai lu son beau roman, il y a deux ans, Du soufre au cœur.
  Si vous êtes observateur, voici la couverture de son prochain livre Une âme damnée, Paul Gégauff qui paraîtra le 13 septembre prochain.
  J’observe, j’observe.
  Si vous traversez la piscine sous l’eau dans le sens de la longueur je vous prêterai mon exemplaire dédicacé.
  Ce sera une partie de plaisir.


vendredi 22 juin 2012

Leur apprendre à se connaître


"La vie amoureuse m’assomme si je ne peux assouvir sur ma partenaire mes penchants pédagogiques et pervers qui procèdent, bien sûr, d’une seule libido. L’amener à mes vues intellectuelles et à mes phantasmes sexuels, voilà ma grande affaire — à quoi je tente de parvenir sans violence, sans chantage ni promesses, au seul moyen de ma rhétorique exercée à révéler chez elle son désir d’être en même temps instruite et pervertie."

In Traité du Cafard 


samedi 12 mai 2012

No se puede vivir sin amar — 12


Éric Fischl


«Elle a dû me dire une fois de plus: “C’est tout de même curieux que tu puisses ainsi me soupçonner de coucher avec des hommes.” Je lui dis : “Voyons ! Si un homme t’offrait cinq mille francs par mois, même seulement pour lui faire certaines choses, avoue que tu accepterais peut-être. Cinq mille francs par mois, c’est une somme.” Tout de suite alors, son visage défait, et une crise de larmes. Je n’ai pu que lui demander pardon, lui dire qu’une fois de plus je plaisantais. — “Oui, oui, tu dis souvent que tu plaisantes, au fond, je sens bien à ton ton que tu parles sérieusement. Comment peux-tu me dire de ces choses? J’en suis arrivée à appréhender de nous trouver ensemble. Je sais bien que tu penses cela vraiment de moi.” J’ai alors ce mot qui n’était pas fait pour arranger : “Je le pense de toutes les femmes.”»

Paul Léautaud
Journal particulier (1935)


dimanche 12 février 2012

Une pensée de Mademoiselle A.V.R rien que pour moi


Audrey Hepburn, Fred Astaire, Funny face de Stanley Donen...
Une exquise philosophe, flânant chaque jour sur les ondes radiophoniques, me fait parvenir à l'instant cette photographie. J'imagine la mine déconfite de ses fans — dont je suis — et m'en réjouis.    

vendredi 3 février 2012

Femmes anti-bonnes-femmes — 1

Belinda Baggs, la Cyd Charisse du longboard

« Le premier qui a appelé la femme le ”beau sexe” a peut-être voulu faire une plaisanterie, mais il est tombé plus juste qu’il n’a cru le faire lui-même. »

Emmanuel Kant