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vendredi 21 mai 2021

Du but de la philosophie depuis deux mille ans


Tous les philosophes de l’ère chrétienne, hormis Montaigne, Schopenhauer et Cioran, n’ont eu qu'un seul objectif: se liguer contre l’Ecclésiaste. 


 

lundi 27 juillet 2020

En vacances chez moi



L’ami Carlos Pardo, en villégiature estivale, m’envoie cette photographie prise sur son itinéraire. «Bien sûr, m’écrit-il, je n'ai pas suivi la direction Philosophie indiquée sur le panneau sachant qu’elle aboutit à une impasse.» Carlos est un sage. 
Personnellement, cet été, je n’irai nulle part. J’habite dans un endroit où bien des gens feraient des bassesses pour passer des vacances. J’évite la foule dans la journée. Je ne vais à la plage que tôt le matin, vers 8h, ou en début de soirée vers 20h. Je rate le spectacle des jolies en bikini, mais je profite d’un large espace, d'une gigantesque distanciation sociale. À ces deux moments de la journée, le soleil est amical. Entre-temps, je reste chez moi, à l’abri, en compagnie de mes deux ventilateurs au souffle discret mais efficace. Je lis. Je mets la dernière main à mon factum qui paraîtra en novembre. Je dors. Pour parodier mon cher Ecclésiaste, je dirais que, pour moi, il y a un temps pour me baigner et un temps pour me chauffer sur le sable, un temps pour surfer et un temps pour lézarder sur ma terrasse, un temps pour lire et un temps pour m’assoupir, un temps pour écrire et un temps pour rêvasser face au parc, un temps pour faire un tour des plages en Vespa et un temps pour faire la sieste. J’ajoute qu’il n’y a jamais rien de nouveau dans ma vie sous le soleil de la côte basque, mais que pareille routine existentielle me procure un souverain bien qui vaut mieux que la pompeuse béatitude des philosophes. Au moins est-il accessible sans ascèse. La Schiffterina me dit que les dieux me punissent de mon pessimisme en me condamnant à une dolce vita. Je sais qu'elle est dans leur secret et qu'elle me dit la vérité. 

vendredi 19 juin 2020

Spinoza, philosophe pour tristes sires


La joie de Spinoza 
en train de se relire

Je n’ai jamais rien retiré de la fréquentation des œuvres de Spinoza. Ni plaisir de lecture, ni profit pour ma jugeote. Passe encore qu’il donne à la nature le sobriquet de Dieu. Mais quand, après un enchaînement d’axiomes, de définitions, de scolies, dans lesquels il rappelle que nous sommes déterminés par nos affects, il annonce in fine que nous pouvons accéder à la sagesse, ce gros morceau intitulé l’Éthique me semble dur à avaler. Or, j’ai toujours été étonné que des amis philosophes puissent en faire leurs délices et en gober les incohérences. En fait de géomètre des passions, Spinoza reste pour moi un as de l’obscurité et de la confusion, surtout un platonicien qui s’ignore — vérité que ne veulent pas voir non plus les spinozistes. Car enfin, quelle est cette figure du sage qui apparaît au livre V de l’Éthique, sinon celle de l’Homme idéal ne pouvant loger ailleurs que dans le monde intelligible de Platon et, son amour intellectuel de Dieu, ni plus ni moins qu’une resucée de la vision bienheureuse du Vrai en soi. On sait que pareil phantasme d’un sage se baladant parmi les mortels sur le petit nuage du Souverain Bien, existait déjà chez Épicure. Hédoniste blasé, l’Ecclésiaste (clic) eût dit à ces deux professeurs de béatitude: «Ne soyez pas plus sages qu’il n’est besoin de peur que vous en deveniez risibles».              

mardi 16 juin 2020

Du nouveau sous le soleil


L’Ecclésiaste, publié par les éditions Louise Bottu, vient de paraître. Tout est remarquable dans cet opuscule. Le texte, la préface — de votre serviteur —, la traduction, l’objet lui-même. Il faut le commander toute affaire cessante ici (clic). En prenant connaissance de cette œuvre, il y a quelques années, je me suis dit qu’il frappait de vanité tout autre pensée philosophique. Maintenant, c’est différent, j’en suis convaincu.  

mercredi 27 mai 2020

Très bientôt, aux éditions Louise Bottu


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« Jour et nuit, jusqu’à en perdre toute quiétude, j’ai appliqué mon esprit à trouver un sens à tout ce qui agite les hommes sous le soleil, et je me suis dit que nul ne peut pénétrer les œuvres de Dieu. Si un sage, comme j’ai désiré l’être, prétend savoir, il ne comprendra jamais rien. »