vendredi 31 mai 2019

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Bientôt, les éditions Louise Bottu (clic) publieront Le Voluptueux inquiet — la réponse jusque-là introuvable que Ménécée écrivit à son maître et ami Épicure. Traduit du grec par mes soins, ce texte, découvert il y a quelques années par une équipe d’archéologues sur un site antique proche d'Ankara, exprime un scepticisme de bon aloi à l'égard de la médecine de l'âme — et de son "quadruple remède" — enseignée à l'école du Jardin. Il est évident que l’honnête homme n’y trouvera pas seulement un intérêt philosophique majeur, mais qu'il y goûtera aussi un vif plaisir de l’esprit.      

samedi 4 mai 2019

Pourquoi le peuple ne m'aime pas et réciproquement


Quand j’exprime ma tiédeur à l’égard du mouvement des gilets jaunes et quand je me moque de l’imbécillité et de l’inculture de leurs porte-parole, les démagogues d’extrême-gauche et d’extrême-droite m’accusent de faire preuve de «mépris de classe». Je me demande de quel mépris de classe je me rends coupable quand je ricane de même des larbins de la macronie. «Quand on est con, on est con, le temps ne fait rien à l’affaire», chantait Brassens. «Quand on est méprisable, on est méprisable, la classe sociale ne fait rien à l’affaire», chanterais-je quant à moi. Qu’irais-je faire dans un meeting de cadres en marche vers le progrès ou parmi des péri-urbains ruminant leur doléances sur un rond-point, tous ces lieux populeux où on milite c’est-à-dire où on communie dans la même haine de ce que j’aime: la littérature, les jolies, la philosophie, le cinéma, les vagues en été, les embruns en automne. Je prête attention aux discours des uns comme des autres, et cette haine s’entend. Je regarde leurs visages à tous et cette haine se voit. Sans doute ne suis-je pas l’ami du peuple. Mais c’est lui qui a commencé.