samedi 4 juin 2011

L'Intelligentsia au service de la police, de l'OTAN, de la morale, du populo, etc.

«L’intellectuel est un philosophe [ou un écrivain, ou un artiste] qui se mêle de ce qui ne le regarde pas», disait Sartre (cliquez sur le titre,s.v.p.). Je dirais quant à moi : un señorito qui proclame en toute occasion, juché sur un tonneau médiatique, tout le mal qu’il pense du Mal avec l’espoir que les bigots de l’indignation lui élèveront une statue.
Or, comme le montre Flaubert avec Monsieur Homais — cf. notre rubrique Remarquable riquiqui — 4 , un raisonneur qui se mêle de ce qui ne le regarde pas ou bien aggrave le mal qu’il dénonce ou bien nuit à sa propre personne — ou les deux.


C’est ainsi que, par exemple, l’influence de Bernard-Henri Lévy exercée sur le chef de l’Etat français pour aider la «révolution» libyenne se soldera sans doute par un… statu quo — puisque le Conseil National de Transition reconnu et soutenu par l’OTAN est constitué des membres les plus sanguinaires des anciens services secrets de Kadhafi.

C’est ainsi que, dans Le Point, à propos de l’affaire DSK, Michel Onfray, notre Juste camusien, penche pour la version policière de l’information (en prenant le parti de la femme de ménage — par souci de sauver inconsciemment l’image de sa propre mère associée à celle d’une « victime » ayant vécu au service de «bourgeois » ?) et, cela, sans que les faits soient clarifiés. On se rappelle qu’à l’époque des sabotages des lignes de TGV, le libertaire reprit à son compte, dans Siné Hebdo, les accusations sans preuves de la justice contre Julien Coupat et ses amis joignant ainsi sa voix à toutes celles de leurs lyncheurs.

C’est ainsi que, ces jours-ci, Luc Ferry, en sa qualité de néo-kantien au breuchingue indestructible, n’écoutant que l’impératif catégorique qui s’impose à sa conscience, s’est tiré publiquement une balle dans le pied en voulant jouer les vertueux délateurs d’on ne sait quels méchants pédophiles.

On voit par ces exemples ce qu’est un intellectuel : un va-de-la-gueule assuré d’être du côté du Vrai, du Bien, du Juste et qui ne rate jamais une occasion de s’auto-entarter (Gloup ! Gloup !) en ramenant sa science — à rebours du penseur ou de l’écrivain qui se range à l’avis de Ludwig Wittgenstein selon quoi « ce dont on ne peut parler, il faut le taire ».