lundi 20 février 2012

Salvador Dalí enculant André Breton





Dans son dernier livre, L’effervescence du vide (Grasset), Nicolas Grimaldi rapporte ce souvenir de Ferdinand Alquié, philosophe ami d'André Breton et compagnon de dérive du mouvement surréaliste.
« Je me rappelle une époque où Breton faisait comparaître Dalí et exigeait de lui une autocritique pour avoir peint une toile qui raillait la Révolution. Dans une plaine sous la lune, il avait peint Lénine à poil, avec un cul comme une meseta où étaient alignés des poteaux électriques. Dalí l’avait intitulée : Le grand programme prolétarien d’électrification. ”De telles peintures, avait dit Breton, cherchent à ridiculiser la Révolution. Vous devez vous en excuser, et à tout le moins vous en expliquer.” Là-dessus, Dalí qui s’en foutait pas mal, de rétorquer à Breton qu’il n’en ferait rien. ”J’avais cru comprendre, lui dit-il, que le surréalisme consistait à laisser l’inconscient prendre possession du réel, comme à laisser nos rêves se peindre sur nos toiles. Je m’interdis de censurer les rêves. Si un jour je rêve que je vous encule, je peindrai une toile de deux mètres Salvador Dalí enculant André Breton.” Breton ne goûtait pas ce genre de plaisanteries. ”Mon cher ami, lui dit-il, je ne saurais trop vous en dissuader.” »