dimanche 19 février 2012

Cours de philosophie du dimanche


Notes prises par Lucie — artiste appliquée et néanmoins rêveuse — lors de mon cours sur la conscience abusée par l’erreur, le mensonge, l’illusion.
A) L’erreur comme défaut de méthode. B) Le mensonge comme art de cacher les faits, le réel (et non la vérité qui en est la vision lucide). C) L’illusion comme l’irrépressible tendance à prendre son désir pour la réalité.
— Remède à l’erreur : reprendre le raisonnement (Descartes).
— Remède au mensonge : le doute et l’exigence de preuves (Descartes).
— Remède à l’illusion : aucun. Aucun qui relève d’une démarche volontaire comme dans les deux cas précédents. Le désir est cause de la tromperie. Impuissance de la raison et de la volonté contre le désir. Exemples : l’illusion amoureuse (Stendhal et la cristallisation), l’illusion religieuse (Lucrèce, Feuerbach, Freud), l’illusion politique (les mêmes auteurs car l’idolâtrie des « grands hommes » résulte d’un identique besoin d’être aimé, sauvé, guidé).
 In fine, l’illusion philosophique qui consiste à croire et affirmer que la fin des erreurs, des mensonges, des illusions est possible. Naïveté des Lumières. Outrecuidance des intellectuels. Sottise de leurs suiveurs.
Seule sortie de l’illusion : l’épreuve cruelle du réel. Mais la désillusion ne vaccine pas contre d’autres illusions. Parce qu’il va mourir — seule certitude en sa possession —, l’homme est l’animal crédule.
Bientôt je vérifierai si Lucie a bien suivi.