dimanche 16 novembre 2014

Misère du chiqué


Hier, comme prévu, j’ai dédicacé mon Dictionnaire chic. À cause d’une panne d’électricité, la séance n’a pas eu lieu au Bookstore, mais juste en face, de l’autre côté de l’avenue, au premier étage d’un petit restaurant: le Sésame. Il est venu du monde, comme on dit. J’ai improvisé une causerie qui tourna assez vite en une conversation aimable et détendue. L’ami Tristan, que je croyais à Paris, apparut par surprise. Ce fut un moment agréable. En rentrant chez moi, je songeai combien il est étrange que des gens se déplacent pour venir échanger avec un type comme moi qui se croit tellement seul quand il prend la déposition de ses humeurs. À ces occasions, je veux parler des séances de signature, j’apprends même que j’ai des lecteurs fidèles. En me lisant, des anonymes me connaissent davantage que je ne les connaîtrai jamais. La littérature impose un commerce des âmes inégalitaire. Ce samedi soir, cependant, j’ai reçu une belle leçon d’humilité. Je ne suis pas si incompris que je me plais à le croire.