vendredi 8 février 2013

Du nihilisme comme de l'un des beaux-arts (suite)


Albert Caraco


"Portrait de l’auteur: […]On sent d’abord qu’il n’aime pas la vie, son corps lui pèse étrangement, il aurait préféré n’en avoir point ou bien de l’avoir glorieux, il est rassasié de jours depuis le temps qu’il est au monde, il trouve absurde les arrangements qui perpétuent notre existence, à commencer par l’obligation de se nourrir et ce qui en découle. […] L’amour est à ses yeux une bizarrerie et que ces hauts élancements ne doivent aboutir qu’à l’opération une et la même, n’importe les espèces, n’est pas sans l’étonner, les femmes au surplus lui semble l’unité multipliée par légion, ce commun dénominateur qu’elles ont toutes l’indispose. Pour les enfants, il ne les goûte que débarbouillés et pomponnés, ce durant un demi quart d’heure, mais il ne voudrait se charger d’aucun, fût-ce l’enfant Jésus, leurs questions sempiternelles et leurs amusements du ridicule le plus achevé lui feraient préférer quelque poisson dans un bocal. Il ne hait pas les animaux et leurs combats le désennuient, il lui plaît fort de les voir se manger les uns les autres, il y retrouve une leçon de choses et pleine d’applications suivies, le lot des nations est là préfiguré, la différence n’est pas grosse.[…]"
Albert Caraco
Le semainier de l'incertitude