jeudi 14 juin 2012

De la grâce inefficace


«Comme certaines personnes sont rassemblées par leur amour commun pour Debussy, les voyages ou les tailleurs anglais, et aussi comme certains hommes aiment les blondes ou détestent les Juifs, je suis sensible aux gens qui s’ennuient. L’ennui et la neurasthénie, que je ne suis pas prêt à confondre, me plaisent au même titre qu’une grâce morale ou physique. Lorsque je dis d’une personne: ”C’est quelqu’un qui s’ennuie bien”, c’est que je veux en faire l’éloge et lorsque je demande: ”Est-ce que cette personne s’ennuie beaucoup? ”, je veux faire entendre: ”Croyez-vous que cette personne me plaira?”. C’est purement un goût, où il n’entre, je m’en réjouis, aucune espèce de pitié.» 

Jacques Rigaut