mercredi 12 décembre 2012

Du nihilisme comme de l'un des beaux-arts — 3



"J'attends la mort avec sérénité, c'est vraiment une belle chose et je ne conçois pas les fous qui parlent de vie éternelle. Imaginer cela me donne la nausée d'avance et l'idée seulement de faire mes besoins un milliard d'années de suite me brouille avec les religions révélées, ce qu'elles nous promettent m'en dégoûte et prouve qu'elles sont humaines, trop humaines […]Le gros des hommes se composera toujours de singes ayant une voix articulée et nous n'y pouvons rien, l'espèce étant imperfectible en gros, c'est une vérité fondamentale et qui fut oubliée au siècle des Lumières, il me paraît que nous y revenons, la queue entre les jambes et la tête basse. Le Paradis et l'Enfer sont des singeries métaphysiques, les élus sont des babouins transfigurés, les réprouvés des macaques foudroyés, Dieu, l'empereur suprême des cynocéphales et muni d'une triple verge en érection permanente […] Je suis athée et j'enveloppe les croyants dans un mépris égal, n'importe l'objet de leur foi, je n'en respecte aucune, je n'ai d'estime que pour les simulateurs dont les croyants sont les victimes et qui les mangeront au nom de l'idéal, avec ceux-là au moins l'on peut s'entendre. La bonne foi des sots n'est qu'une peste, leur bonne volonté n'est qu'un délire et maintenant qu'ils nombrent plusieurs milliards, nous n'auront bientôt que le choix de les exterminer ou de les chaponner. La Gnose seule me contente, elle me rend une raison de l'univers absurde où nous nous incommodons à plaisir et nous nous brûlons pour des visions cornues". 

Albert Caraco
Ma Confession