lundi 27 avril 2020

Souvenir — 3


Choses vues lors de la promenade permise

À force d’entendre des finauds brocarder les bobos, j’avais jeté cette note — en 2015 — dans un carnet que je viens de sauver du désordre de mon bureau. «Le bobo, le ”bourgeois-bohème” est le double symétriquement inversé, mais uniquement sur le plan fantasmatique, du boubour, le ”bourgeois-bourrin”. L’un et l’autre adhèrent de facto au libéralisme, habitent les mêmes quartiers "gentrifiés" des villes, vont déjeuner ou dîner dans des bouchons réputés pour leur bonne carte. Tous deux ne jurent que par l’authenticité. Ils se séparent sur un point: tandis que le premier prise les divertissements de son temps — les séries de Netflix —, le second cultive par snobisme le folklore du capitalisme des Trente Glorieuses — dont il aperçoit les vestiges dans les films de Claude Sautet et de Georges Lautner. Ce narcissisme des petites différences dont parlait Freud suffit au boubour pour se penser au-dessus du bobo. Il faudrait demander aux fanatiques mahométans qui mitraillent ces deux mécréants à la terrasse des cafés s’ils font la nuance.» Je crois que j’insérerai, texto, cette réflexion dans le factum que je suis en train d’écrire.     


1 commentaire:

  1. Est-ce aussi tranché, comme la tête du condamné dans l'ancien Code pénal ? Comme toujours, on est plus ou moins entre les deux. Certains ajouteront : ça dépend des jours.

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