dimanche 5 mars 2017

Supériorité de l'ennui — 19


Fillon fait peine à voir. Pendant cinq ans Sarkozy a essuyé sur lui ses talonnettes. À présent, la justice le cloue au pilori. Mais peut-être y a-t-il chez cet homme une vocation à être humilié — auquel cas je plains aussi tous ses ardents défenseurs, de si bons français, qu’il entraîne dans sa déroute.

Ces temps-ci, je me réveille à cause d’un rêve récurrent de désorientation. Je me trouve dans une ville que je ne parviens pas à reconnaître mais qui ne m’est pas non plus complètement étrangère. Je suis censé la traverser sans encombre quand, soudain, je me rends compte qu’en réalité je marche dans des rues que je vois pour la première fois, que je ne suis même pas en France, que je suis égaré en un pays non identifiable. Et puis jaillit une certitude: on m’a condamné à l’exil. Mais de quoi suis-je coupable? Je ne vois que le péché d’écrire qui puisse causer ce rêve prémonitoire de purgatoire.

Suite à mon billet précédent concernant les statistiques de mon blog, un ami (clic) m’écrit: «Rassurez-vous, cher Frédéric, les statistiques de blogger sont fausses, car il faut m'a-t-on dit, aux vraies visites, ajouter celles des robots de plus en plus nombreux, chargés de nous répertorier…» Être lu par des robots… Voilà une nouvelle qui devrait me déculpabiliser d’écrire et supprimer mes cauchemars…