mercredi 22 février 2017

Supériorité de l'ennui — 18



Si je me fie aux statistiques de mon blog, elles indiquent que ma page a été lue depuis son ouverture — il y a un peu moins de sept ans —, par près d’un million-deux-cent-vingt-sept-mille curieux. La fréquentation ne faiblit pas. Aux yeux des esprits sérieux pareil petit succès doit sembler incompréhensible, aux miens il est inquiétant. 

À mesure que les élections approchent, j’ai de moins en moins la tête politique et de plus en plus le cœur égotiste. Et puis en quoi suis-je concerné par des discours qui ne s’adressent qu’au peuple ?


Si je parviens un jour à mettre un point final au roman que je viens de commencer, plaira-t-il aux femmes? Car il n’y a plus que les femmes qui lisent. Elles se saisissent d’un roman comme d’un miroir. Au reste, elles ont toujours été de plus grandes lectrices que les hommes. «Un best-seller peut être vu comme un complot ourdi contre les femmes», écrit mon ami Jean Le Gall dans Les lois de l’Apogée. C’est en réalité l’inverse qui se passe. Ce sont les femmes qui n’ont de cesse de comploter contre la littérature en exigeant des ouvrages à leur image. Un best-seller n’est rien autre qu’un produit conforme à leurs goûts, à leurs désirs, à leurs états d’âme, à leur libido. Il en va de même pour la philosophie. À cause d’elles la philosophie est devenue cette discipline castrée appelée la «philo». Il y a d’ailleurs ce côté femme chez un homme qui lit Onfray, Ferry, Lenoir, etc., cette croyance que cela le cultivera tout en lui faisant du bien. N’ayant jamais eu d'aptitude à commettre des traités de feel good philosophy, je crains de n’avoir aucun talent pour écrire un roman pour femmes. Je vais plutôt commencer un «Art de renoncer».