samedi 26 novembre 2016

Supériorité de l'ennui — 10


Gina Lolo Brigida et Fidel Castro


Depuis les primaires américaines et celles de la droite française, une puanteur plébéienne sature l’atmosphère. Avec les primaires de la gauche qui approchent, suivies des élections présidentielles et législatives, l’air n’est pas près de se purifier. Comme lors des grandes et interminables messes mondiales du sport, je tremble pour mon art de vivre. Les clameurs partisanes vandalisent l’ennui douillet de mes journées. La politique est une tyrannie du blabla. Blabla des tribuns, blabla des journalistes, blabla du populo. Difficile de se soustraire à ce tapage. Je me fais l’effet d’un chat qu’on veut enfermer dans une basse-cour afin qu’il s’intéresse aux caquètements, aux grognements et aux beuglements ambiants.

Néanmoins, un chat ça observe. Les primaires américaines  n’avaient pas d’enjeu politique mais esthétique. En élisant Trump, ce n’est pas Hillary Clinton que les Américains ont voulu éliminer. Ils ont exprimé leur haine de Woody Allen. D’ailleurs ce qui me gêne chez les gens qui n’apprécient pas Woody Allen, c’est leur côté Trump. Le nihilisme élégant, il est vrai, n’est pas populaire.

Fidel Castro est mort. J’aimais bien son personnage, son côté boy-scout latino, un rien bling-bling quand il arborait ses deux Rolex au poignet. Bien sûr, il me faisait penser au général Alcazar, non pas tel qu’il apparaît dans L’Oreille cassée mais dans Tintin et les Picaros. On dit qu’au début de son règne il aimait bien faire fusiller ses ennemis et ses amis mais qu’avec l’âge il préférait les abandonner à la mort en prison. On dit aussi que le dictateur se laissait dominer par le charme des femmes. On lui attribue plus de trois mille conquêtes. Fidel était un impérialiste des cœurs.