jeudi 27 novembre 2014

Il giorno della Schiffterina


Photographie © Isabelle Nori 
(Juillet 2014)

«[…]Je sais que ce qui me bouleversa chez Françoise. C’était sa façon de se débattre, belle, mélancolique et souriante dans la solitude, au milieu de gravats d’espérances. Pour la consoler, j’essayai de la convaincre qu’il lui faudrait désormais ne se donner qu'à elle-même et  se prêter aux autres, à commencer par moi, trop prosaïque pour faire rimer «amour» avec «toujours», pas assez philosophe pour dire « être » au lieu de «peut-être».[…] »
Le Plafond de Montaigne


vendredi 21 novembre 2014

Définitions chics


Incipit: 
Je commence toujours un livre comme j'aborde une fille: par une belle phrase. 

Jeu (vieux): 
Peut-être suis-je démodé, mais j’aborde toujours une fille comme je commence un livre: par une belle phrase.

In Dictionnaire chic de Philosophie



mardi 18 novembre 2014

Sauver Schopenhauer du philosophiquement correct


Parmi les tenants du riquiqui, il y a les «nietzschéens de gauche», c’est-à-dire ceux qui n’assument pas l’aspect qui leur semble déplaisant dans les élucubrations du penseur moustachu et, même, qui vont jusqu’à biffer purement et simplement ses apologies de l’esclavage, de la guerre, de l’inégalité des races, de la supériorité des hommes sur les femmes ou de l’Islam sur le Judaïsme. Les nietzschéens de gauche sont des nietzschéens honteux. À présent, quand je laisse traîner mes oreilles, j’entends un autre type de riquiqui s’exprimer à travers les propos de certains schopenhaueriens tout aussi honteux qui nient quant à eux, ou minimisent, le pessimisme de celui que Cioran appelait le Grand Patron. Ah! Le pessimisme! Comme cela est inconvenant quand on professe la philosophie! Alors on vend du Schopenhauer universitairement correct, allégé, fadasse, sans désespérine, dilué dans la moraline. Je ne me donnerai pas la peine de démontrer en quoi le pessimisme fait toute la beauté d’un livre tel que Le Monde comme volonté et comme représentation. Je n’en citerai que ce passage: «Quand il n’est pas un verbiage dénué de sens que tiennent nombre de têtes plates, l’optimisme est une opinion impie, une odieuse moquerie en face des ineffables douleurs de l’humanité.» (Trad. Burdeau, p.p. 340-341).


dimanche 16 novembre 2014

Misère du chiqué


Hier, comme prévu, j’ai dédicacé mon Dictionnaire chic. À cause d’une panne d’électricité, la séance n’a pas eu lieu au Bookstore, mais juste en face, de l’autre côté de l’avenue, au premier étage d’un petit restaurant: le Sésame. Il est venu du monde, comme on dit. J’ai improvisé une causerie qui tourna assez vite en une conversation aimable et détendue. L’ami Tristan, que je croyais à Paris, apparut par surprise. Ce fut un moment agréable. En rentrant chez moi, je songeai combien il est étrange que des gens se déplacent pour venir échanger avec un type comme moi qui se croit tellement seul quand il prend la déposition de ses humeurs. À ces occasions, je veux parler des séances de signature, j’apprends même que j’ai des lecteurs fidèles. En me lisant, des anonymes me connaissent davantage que je ne les connaîtrai jamais. La littérature impose un commerce des âmes inégalitaire. Ce samedi soir, cependant, j’ai reçu une belle leçon d’humilité. Je ne suis pas si incompris que je me plais à le croire. 


jeudi 13 novembre 2014

Dico-chico par-ci, dico-chico par-là...

BOOKSTORE 
27 Place Clémenceau Biarritz


Aurélia, Inès et Kristel, les charmantes demoiselles du Bookstore, nous accueilleront dans leur belle librairie le samedi 15 novembre à 17h. Nous aurons le plaisir d’y dédicacer notre Dictionnaire chic de philosophie (Écriture) et nous signerons même un nombre limité d’exemplaires du nom de notre nègre. Doudounes interdites. Familles nombreuses s’abstenir.