samedi 20 décembre 2014

D'un Z qui veut dire Zemmour


Éric Zemmour raconte qu’ayant eu, enfant, un père absent, il fut éduqué avec sévérité par sa mère et sa grand-mère qui, dixit, lui «apprirent à devenir un homme» — et à oser arborer une chemise rose. On ne louera jamais assez les mérites, pour un jeune garçon, d’une éducation maternelle castratrice à double tranchant. Car plus tard, chez l’homme mûr, il n’en procède nullement, comme le laisserait croire la charlatanerie freudienne, un ressentiment à l’égard de tout ce qui représente fantasmatiquement une virilité plus puissante que la sienne, plus apte à la jouissance, mais un regard sans affect sur le monde où la perspicacité le dispute à la finesse d’analyse. Éric Zemmour est l’exemple même de cette intelligence alerte et nuancée nécessaire à l’élaboration d’un genre philosophique inventé par Alexis de Tocqueville et que les allemands nomment kulturkritik. Le XXe siècle eut ses grands noms en la matière: José Ortega y Gasset, Hannah Arendt, Theodor Adorno, Herbert Marcuse, d’autres encore. Mais depuis l’avènement du XXIe siècle, force est de constater que pareilles Lumières se font rares et, d’ailleurs, qu’au regard des changements intervenus dans l’ordre mondial et la condition des hommes modernes, les thèmes qui les retenaient paraissent à présent bien frivoles. Tout occupés à la critique de la société capitaliste et de ses techniques de contrôle, aucun de ces clercs ne vit venir le pire des dangers planétaires: l’Islam. Contemporains de l’atomisation à la fois violente et feutrée des individus dont ils décrivaient la dimension aliénante, polluante et criminogène, leurs écrits, au regard de l’apocalypse qui arrive, nous rendraient presque nostalgiques de cette ère qui restera celle, plutôt heureuse, du consumérisme insouciant et des loisirs sans pensée. Or, donc, allons droit au but: quel est l’intellectuel, mieux, le visionnaire, qui, en France, en ce moment même, trouve les mots pour nous montrer la progressive islamisation de notre nation, de ses valeurs judéo-chrétiennes et de ses traditions républicaines? Il y a bien Renaud Camus, directeur de l’Institut du Monde Auvergnat. Richard Millet de la Fondation Anders Breivik. Alain Finkielkraut de l’Académie Française. Sans doute, mais des trois nul n’a la hauteur de vue d’Éric Zemmour, son style, son brio oratoire, sa présence, enfin. Depuis longtemps le pays d’Edouard Drumont n’avait vu un homme de convictions d’une telle trempe capable de malmener les élites et de briser des tabous. Seul Éric Zemmour a le courage de nous prédire que si nous ne renvoyons pas chez eux les Musulmans — c’est-à-dire au Diable —, demain ce «peuple dans le peuple» fera de nos écoles des mosquées, nous forcera à manger halal et imposera le voile à nos filles et à nos femmes. D’aucuns, des ennemis de la France, la tête farcie de préjugés antiracistes, ricanent. Ils n’entendent dans ces paroles que le lamento d’un nostalgique de l’Algérie française désireux de venger ses parents, Roger et Lucette, chassés de ce «département d’outremer» au milieu du siècle dernier par les «indigènes musulmans» — auxquels le décret Crémieux du 24 octobre 1870 avait imprudemment conféré, à l'instar des Juifs, la citoyenneté française. Mais face à ces harkis de l’anti-France prêts à collaborer avec les fanatiques barbus implantés dans nos villes et nos campagnes, Éric Zemmour a pris la tête de la Résistance. L’une des multiples chaînes de télévision qui l'emploie pour diffuser son discours dérangeant vient de l’interdire d’antenne. Preuve que les ligues bien-pensantes lui font payer, outre la grandeur de sa cause, son charisme dont le secret est de dire tout haut ce que nos compatriotes colonisés pensent bassement.