vendredi 31 décembre 2010

Au commencement de 2011 : l'afteur pessimiste et balnéaire (veuillez cliquer sur ce titre, s.v.p.)


Demain matin, à l'aube, après une nuit de oufs passée au Carré Coste, puis, certainement, au Caveau, ces jeunes admiratrices biarrotes du philosophe sans qualités ne manqueront pas d'écouter leur idole sur France Inter interviouvée par la charmante Laurence Luret dans son émission "Parenthèse" — entre 7h 30 et 8h 30. Puis, sereines, elles s'endormiront.

jeudi 30 décembre 2010

Les bonnes femmes — 3.

 


"Les femmes, il faut les aimer ou les comprendre, mais on ne peut faire les deux."

Nicolas de Chamfort

mardi 28 décembre 2010

Les bonnes femmes —2.



En 1968, Blake Edwards fait tourner Claudine Longet dans The Party où, dans une scène mémorable, comme en prélude au chaos jubilant des vingt dernières minutes du film, elle interprète une bossa nova composée par Henri Mancini. Après avoir épousé Andy Williams, elle rencontre en 1976 Wladimir Spider Sabich, champion de ski américain qui meurt un soir, en sa compagnie, dans un chalet d'Aspen (Colorado) d'une blessure par balle. Au tribunal, Claudine affirmera que Wladimir s'est accidentellement troué la peau en nettoyant son arme. Elle purgera une peine d'un mois de prison. Une dizaine d'années plus tard, elle se remariera. Elle n'aura rien perdu.

lundi 27 décembre 2010

Les bonnes femmes — 1.


"Le privilège que la monogamie et les lois qui en résultent accordent à la femme en la proclamant l'égale de l'homme — ce qu'elle n'est à aucun point de vue — a pour conséquence que les hommes sensés et prudents hésitent souvent à se laisser entraîner à un si grand sacrifice[que le mariage], à un pacte si inégal."

Arthur Schopenhauer
Essai sur les femmes

dimanche 26 décembre 2010

Relire les livres d'un désœuvré


« Parfois, je me regarde dans la glace, et je vois, à mes yeux, que mon âme est de sortie, que je lui déplaisais trop, qu’elle est allée respirer l’air frais… »

Maurice Sachs
Le Sabbat

jeudi 23 décembre 2010

Djinguol bêl, djinguol bêl !

Dessin de Schulz et aphorisme de Roland Jaccard 
détournés par David Di Nota

mercredi 22 décembre 2010

Le vice philosophe en Ligne



"J'aime mieux le Jacques [Giacomo Casanova] qui n'est pas un Jean [Jean-Jacques Rousseau], car vous êtes gai, il est atrabilaire. Vous êtes gourmand, il met de la vertu dans les légumes. Vous avez cueilli trente roses de virginité, il n'a cueilli que de la pervenche. Vous êtes reconnaissant, sensible et confiant, il était ingrat et soupçonneux. Vous avez toujours été fouteur, et ainsi qu'il nous le dit gravement, mais avec éloquence, il s'est toujours branlé."

Lettre du Prince de Ligne
à Giacomo Casanova 21 mars 1793

dimanche 19 décembre 2010

La belle Hélène


En mil neuf cent quarante, Hélène Berr a vingt et un ans. Pour cette agrégative d’anglais, grande connaisseuse de Shakespeare, tout tourne rond. La marche des planètes, le cycle des saisons, le rythme des années scolaires suivent un cours stable et harmonieux. C’est à peine si le fracas des guerres qui explosent partout en Europe et ailleurs traverse les murs de sa chambre de jeune parisienne de bonne famille. Les œuvres de Bach, de Mozart, de Schumann, qu’elle passe sur des disques ou qu’elle joue avec des amis, en couvrent les éclats lointains. La seule nouveauté qui bouscule sa quiétude a le visage d’un beau garçon, Jean Morawiecki, mélomane, et, comme elle, passionné de littérature. Puis viennent les nazis. L’occupation impose d’abord le couvre-feu aux plaisirs et aux nuits. La violence devient légale, la délation un devoir. Les parents, les amis, les relations disparaissent. L’amour s’exile. En deux ans, le Paris d’Hélène cesse d’être le décor du flirt, le théâtre d’une haute culture, le lieu des flâneries d’une rêveuse solitaire, pour se transfigurer chaque jour qui passe en labyrinthe de la peur. Elle se résigne au courage. Tout son Journal en témoigne — comme en témoignent aussi ces femmes qui partageront sa captivité et puiseront auprès de sa «vitalité» et de sa «classe naturelle» la force de survivre. Hélène, elle, meurt à Bergen-Belsen en 1945, battue par une gardienne, quelques jours à peine avant la libération du camp. Sa vie, d’abord pleine de rires et de musique, se termine pleine de bruit et de fureur.

vendredi 17 décembre 2010

Lu et approuvé (peut-être)


Demain, samedi 18 décembre, événement à Biarritz! En sortant de chez Miremont et en prenant la direction de la Grande Plage, via la Place Clémenceau, vous apercevrez le philosophe sans qualités et, avant tout, sentimental, signer son dernier ouvrage à la Maison de la Presse à partir de 17 heures.



mardi 14 décembre 2010

Quand vous parlerez de" The Swimmer" ne parlerez-vous pas de vous ?





Voilà. J'ai vu The Swimmer. On reconnaît un chef d'œuvre à sa façon de s'accrocher à votre mémoire comme un nuage au sommet d'une montagne. Je l'ai déjà signalé : Roland Jaccard consacre une belle page à ce film dans son blogue. Mais mon ami Tristan vient de me faire parvenir un beau texte qui traduit mon sentiment. J'ai le plaisir de le publier ici.




"Irrémédiable séparation d'avec le monde édénique des premières minutes (scène dont on ne comprend l'utilité qu'à la fin), prolongé par les premiers plongeons et la première piscine - l'atmosphère de ces retrouvailles fait immanquablement penser à une enfance rêvée: Ned Merrill est choyé, sa venue - de nulle part - enchante ses amis - particulièrement les femmes -, amis dont il semble être le fils, l'éternel adolescent, tant le contraste entre ce tarzan un peu vieilli et ses amis installés est saisissant.

La présence d'une jolie (ravissante Janet Landgard) engendre chez cet homme sentimental une bouffée nostalgique. Un homme sentimental n'étant jamais parfaitement renseigné au sujet de la comédie des passions (celle, en l'occurence, de l' adolescente qui, le considérant comme un demi-dieu, lui avait autrefois dérobé une chemise), il finit par effrayer celle dont il aurait aimé être - ou rester - l'ange gardien. Elle s'enfuit. Fin de l'idylle. Irrémédiable séparation et véritable commencement d'une déchéance qui le conduira à une fin cauchemardesque, précédée (et annoncée?) par la rencontre de l'enfant qu'il est resté, celui dont personne ne veut dans l'équipe, et qu'il pense dérangé au point de vouloir l'empêcher de plonger dans une piscine vide.

C'est le même enfant, Ned Merrill, qui se fait chasser d'une fête par des grands qui refusent de lui rendre "son" charriot, qui endure l'humiliation de devoir repasser trois fois devant le gardien d'une piscine pour avoir le droit de faire une longueur au milieu d'une foule écoeurante.

Le séducteur sera éconduit par une ancienne maîtresse qui se moquera de son sentimentalisme, le père sera humilié en apprenant que ses filles - sa dernière fierté - le tournent en dérision.

Irrémédiable séparation d'avec soi-même: Ned, regagne sa maison délabrée et vide dans une atmosphère de film d'épouvante (un peu appuyée, certes). Il sera incapable d'en ouvrir la porte: malgré ses efforts, ses contorsions, la créature difforme reste dehors, plaquée contre elle.


Merci à vous, Frédéric, et à Roland Jaccard."



Tristan T.

mercredi 8 décembre 2010

La beauté du pire

L'essentiel du pessimisme n'est pas de dire que le monde est mauvais ou mal fait, mais qu'il n'y a pas de monde, seulement un réel tissé du hasard, du temps, de la mort et, partant, que rien n'est fait pour le bien des hommes. Leur lot ? L'alternance de la souffrance, suscitée par le besoin, et de l'ennui engendré par la satiété. Quant aux rares plaisirs qu'ils éprouvent, ce sont des moments de rémission. Pas de quoi en faire une éthique, mais certainement de quoi inspirer de belles productions esthétiques.

lundi 6 décembre 2010

The Swimmer (trayleur)



Je n'ai pas encore vu The Swimmer. Mais je viens de lire la belle page que l'ami Roland Jaccard consacre à ce film sur son blogue — répertorié, là, à droite de la colonne, intitulé "Longue vie à l'infâme R.J. !". Allez-y voir chers visiteurs ! 

samedi 4 décembre 2010

Balade sur le rivage

Le genre de surf qui correspond le mieux à la notion de glisse est celui que l’on appelle le long board. Pratiqué, comme son nom l’indique, sur une longue et large planche pouvant mesurer trois mètres et plus, il n’autorise pas le surfeur à s’aventurer sur une grosse houle. Mais il lui laisse toute latitude pour improviser, sur le mode du ralenti cinématographique, des figures déliées et gracieuses comme le montre Joël Tudor, le flegme en action, qui semble se laisser porter distraitement sur un tapis d’eau roulant — rappelant la légèreté avec laquelle les doigts d’Erroll Garner effleurent le clavier.